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Peut-on prévoir les ruptures et les crises ?

Intervenants

Philippe Aghion
Professeur au Collège de France, Chaire «Institutions, Innovation, et Croissance»
 Patrick Artus
Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
 François Bourguignon
chaire émérite à Paris School of Economics
 Christophe De Margerie
Président-Directeur Général de Total
 Luc Ferry
Président délégué du Conseil d’analyse de la société
 Sylvie Goulard

 Roger Guesnerie
Professeur émérite au Collège de France et Président d’honneur de l'Ecole d'économie de Paris
 Anne Lauvergeon
Présidente du Conseil de Surveillance de Libération
 Pierre Moscovici
Ministre de l'Economie et des Finances
 

Modératrice / Modérateur

Erik Izraelewicz
Le Monde

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Les économies ne se déforment pas continûment mais progressent par ruptures technologiques, financières, géopolitiques et dans leurs modèles de croissance. Les économistes savent-ils prévoir ces ruptures ou sont-ils condamnés à les commenter ex post.

Les plus

Peut-on prévoir, donc peut-être éviter les crises financières ?

Les évolutions économiques marquantes se font, surtout depuis les années 1990, non de manière continue mais dans des crises financières de natures diverses :
- explosions de bulles spéculatives sur les prix des actifs (actions en 1997, 2000 ; immobilier et actifs complexes liés à l’immobilier en 2007-2008) ; ces explosions de bulles conduisent à la révélation de l’excès d’endettement, d’où le basculement dans une dynamique de désendettement ;
- crises de balance des paiements (arrêt brutal du financement d’un pays par les prêteurs non résidents : par exemple 1997 en Corée et en Thaïlande, 1998 au Brésil, en Russie, 2000-2001 en Turquie, 2009 dans les pays périphériques de la zone euro), d’où récessions, quand c’est possible effondrement du taux de change ;
- apparition brutale de primes de risque sur les dettes publiques qui étaient auparavant considérées comme sans risque (pays périphériques de la zone euro) d’où le passage brutal à des politiques budgétaires restrictives ;
- crises de liquidité bancaire conduisant au rationnement du crédit bancaire, domestique et à l’exportation, comme après la faillite de Lehman.

Il existe aussi toujours bien sûr des évolutions progressives (par exemple changement du modèle économique de la Chine, réindustrialisation des Etats-Unis et désindustrialisation de plusieurs pays de la zone euro…) qui sont très importantes, mais elles ne marquent pas de manière aussi brutale que les crises financières l’équilibre économique.
Il est donc essentiel d’essayer de prévoir les crises financières et les anomalies de valorisation du risque qui les annoncent.
Mais on sait que la prévision des crises est difficile :
- il s’agit d’équilibres multiples, et la crise est un saut de l’économie sur un équilibre défavorable ; si la modélisation théorique des équilibres multiples est faisable (le plus souvent, anticipations autoréalisatrices) et répandue, leur modélisation empirique est complexe ; de plus, la multiplicité d’équilibres peut être liée simplement à la formation des anticipations et non à des grandeurs objectives de l’économie ;
- la notion de « valeur fondamentale d’un actif financier » n’est pas claire ; il y a «équilibre avec taches solaires» : si les investisseurs croient qu’un actif financier dépend fondamentalement de certaines variables, le prix d’équilibre de l’actif va en réalité en dépendre (de leur niveau ou de leur variabilité) ;
- les phénomènes de contagion des crises sont complexes ; certaines contagions sont dues à des causes objectives (liens commerciaux, financiers), mais d’autres viennent seulement des mouvements des anticipations.


Date

Jeudi 08 novembre
11h00 - 13h00

Lieu

Salle : Bourse du Travail
205 place Guichard
69003 Lyon‎

Accès

Métro
B arrêt Place Guichard

Bus
C13 – C14 arrêt Saxe–Préfecture

Tram
T1 arrêt Palais de Justice - Mairie du 3e

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Journées de l’Economie
Fondation pour l’Université de Lyon
35 rue de Marseille
69007 Lyon
Email : jeco@fpul-lyon.org

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