Pour cela s’impose le lancement en Europe et en France d’un « vrai » green new deal. Il s’agit d'un projet d'ensemble y incluant un programme d'investissement des publics et privés à la hauteur des enjeux. Nous ne décarbonerons pas l’économie par des changements de comportement, tout simplement parce que ce sont nos équipements nos machines, leurs moteurs etc. qui émettent du CO2. Par ailleurs nous devons anticiper les changements climatiques des 20 prochaine années qui sont déjà largement prévisibles et dont les impacts sociaux et économiques attendus sont importants .

Les taux d’intérêt très bas actuels facilitent le financement de ces investissements ; il faut cependant recréer des marges budgétaires tant pour financer les investissements publics (infrastructures de transport, bâtiments publics) que pour accompagner voire subventionner les investissements privés, qui ne sont pas toujours rentabilisables au vu d’un prix du carbone explicite trop faible aujourd’hui. Le prix du carbone va devoir être revu à la hausse mais cela nécessitera, dans le contexte actuel, que le produit de la taxe soit largement réalloué aux ménages.

En Europe nous avons à revoir et réinterpréter les critères budgétaires : le sujet est sur la table, comme le montre par exemple un rapport du conseil budgétaire européen. Il est bien acquis que leur design actuel à défavoriser les investissements publics.

Enfin la politique commerciale internationale doit être revue à cette aulne. Cette remise en cause s’impose de toutes façons du fait des méthodes employées par l’actuel président américain. Les projets bas-carbone donnant de l’activité en France et en Europe doivent de conditions équitables dans la compétition économiques et le cadre de l’action publique favorable à cette transition ne doivent pas pouvoir être remis en cause

 Retrouvez Alain Grandjean sur les conférences : "La transition c'est maintenant" et "Les jeunes se mobilisent pour le climat"