La première réponse à la crise financière a été de créer des instruments d’assistance aux pays en difficulté, une sorte de FMI européen. C’est fait.

La deuxième a été de resserrer la surveillance des politiques budgétaires. Mais à force de règles et d’exceptions aux règles, on a créé trop de complexité. Il va falloir mettre en place un régime plus simple, qui laisse plus de marge de manœuvre aux États et les rende plus responsables. C’est un point sur lequel la plupart des économistes sont d’accord.

La troisième réponse a eu trait aux banques. On leur a vite imposé de se renforcer pour être mieux en mesure d’absorber des pertes. C’est un acquis important. Puis, en 2012, on a entrepris de construire l’union bancaire, pour éviter qu’États vulnérables et banques fragiles se contaminent réciproquement. Beaucoup a été fait, mais des désaccords sur le partage des risques empêchent de franchir le « dernier kilomètre ». C’est frustrant et assez peu responsable.

Emmanuel Macron a ouvert un quatrième chantier en proposant un budget pour la zone euro. L’idée est d’offrir une sorte d’assurance qu’en cas de difficulté temporaire, un pays pourra bénéficier du soutien de ses partenaires. Cela compenserait le fait qu’en zone euro il ne peut ni baisser ses taux d’intérêt, ni dévaluer son taux de change. Mais en Europe du Nord, ce projet suscite une double crainte : celle d’augmenter le niveau des dépenses publiques, et celle d’organiser une solidarité à sens unique. Un début d’accord franco-allemand, en juin, n’a pas rallié beaucoup de soutiens.

Un chantier mené à son terme, un deuxième à rouvrir, un troisième pas terminé et un quatrième sur les plans duquel on se dispute. La zone euro bute sur la question de la solidarité. Les uns craignent qu’on les prenne pour des vaches à lait, les autres crient à l’égoïsme. Il ne faudrait pas que ça nous rende tous vulnérables à la prochaine crise, qui viendra tôt ou tard.