Anne Boring, Assistant Professor au département d’économie d’Erasmus University Rotterdam et chercheuse associée au LIEPP (Sciences Po)

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Le vendredi 3 novembre 2017 à 11h44, les femmes françaises ont été appelées à arrêter de travailler afin de marquer symboliquement le jour à partir duquel les femmes ne sont plus rémunérées, comparativement aux hommes. Le collectif féministe Les Glorieuses, qui a lancé cet appel, se base sur les chiffres des inégalités salariales d’Eurostat : les femmes, en France gagnent 15,7% de moins que les hommes.

Ces inégalités sont souvent en partie expliquées par les différences qui existent dans la répartition des tâches domestiques entre les femmes et les hommes, ainsi que par les interruptions de carrière causées par la maternité. Or, les inégalités professionnelles apparaissent dès l’entrée sur le marché du travail des jeunes diplômé•e•s, soit bien avant le moment où les contraintes de vie familiale viennent creuser les inégalités.

La Conférence des grandes écoles a déjà montré que les jeunes diplômées d’écoles de commerce s’en sortent moins bien à la sortie des études que les hommes. Bien loin d’être un problème spécifique aux écoles de commerce, ce constant peut être fait quel que soit le type d’études supérieures dans lequel s’engagent les femmes.

L’analyse de données mises à disposition par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, permet de bien montrer comment les inégalités salariales et de trajectoires de carrières commencent aussi dès la sortie de l’université. Plusieurs constats peuvent être faits.