Blog des intervenants des Jéco

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dimanche 5 novembre 2017

La stagnation séculaire : ce qui fait débat

Gilles Dufrénot, Aix-Marseille School of Economics et CEPII

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Les économistes classiques remettaient en cause l’hypothèse d’une croissance économique perpétuellement forte. Selon eux, c’est la distribution fonctionnelle de la richesse, défavorable au profit émanant de l’accumulation du capital et de la rente foncière qui freine l’accumulation à long terme. Marx pensait que l’arrêt de la croissance serait provoqué par la concentration excessive du capital privant les capitalistes de la possibilité d’extraire de la plus-value de la force de travail. Cette vision pessimiste des économistes classiques sera reprise par une partie des économistes néoclassiques liant la croissance stationnaire à la productivité marginale décroissante des facteurs de production.

Keynes ne partageait pas la vision fataliste des classiques. Dès 1928, il donne sa vision dans Essais de persuasion, perspectives économiques pour nos petit-enfants (un essai dont Gallimard publiera en 1931 la traduction française par Herbert Jacoby). Il y décrit l’état stationnaire comme une ère d’opulence où la croissance consiste en une amélioration de la qualité de la vie, celle où la société fournit à tous des services collectifs satisfaisants : éducation, santé, infrastructures.

Cette vision optimiste sera partagée par d’autres économistes (par exemple Galbraith). Schumpeter en fera l’un des points focaux de son analyse des cycles longs de la croissance économique, en explicitant les mécanismes empêchant qu’un état stationnaire puisse advenir un jour. C’est par les principes de la destruction créatrice et grâce à l’interaction entre les inventions et les innovations, que des transformations organisationnelles et productives donnent naissance à des produits et des services nouveaux qui empêchent le moteur de la croissance de s’essouffler. Cette vision est à la base des modèles de croissance endogène.

Les débats actuels sur la stagnation séculaire s’inscrivent dans la continuité des discussions qui ont lieu depuis toujours sur la possibilité ou non qu’un jour les taux de croissance des économies industrialisés tendent vers des niveaux bas.

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vendredi 3 novembre 2017

Fallait-il faire l’Euro ?

Elie Cohen, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po

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La succession des crises depuis 2009, la décennie de croissance perdue dans l’Eurozone, la grande divergence qui s’est creusée entre le Nord et le Sud, l’imposition de la volonté des créanciers aux pays défaillants, la découverte de l’incomplétude institutionnelle de Maastricht, les hésitations et les râtés de la gestion de crise conduisent nombre d’économistes européens à affirmer que si c’était à refaire …. Il ne faudrait pas refaire l’Euro. Certes ces mêmes économistes ne songent guère à défaire l’Euro mais à l’épreuve du temps l’euro n’a pas tenu ses promesses économiques, il n’a pas débouché sur une plus grande solidarité politique et a même contribué, pour certains, à la montée du populisme.

Le scepticisme à l’égard de l’Euro a été largement partagé chez les économistes anglo-saxons car les pays membres ne formaient pas une zone monétaire optimale, l’intégration monétaire loin de favoriser la convergence allait accroitre la polarisation économique, enfin l’absence de fédéralisme budgétaire ne pouvait qu’accroitre l’instabilité. Comme l’écrivait Martin Feldstein dans son texte de Décembre 1997 dans Foreign Affairs, l’Euro ne se fera pas, s’il se fait il se défera et loin d’être un facteur de paix et de prospérité il pourra être vecteur de guerre entre les nations européennes. Le premier paradoxe que suggère l’analyse de ce constat est que si les économistes anglo-saxons ont eu raison économiquement, ils ont eu tort politiquement, même si l’Euro n’a pas tenu ses promesses, il ne s’est pas défait. Au bord du précipice les Européens ont trouvé les ressources politiques pour sauver l’Euro. A l’inverse les économistes européens ont été favorables à la création de l’Euro car il accélérait l’intégration et favorisait la convergence économique, qu’il éliminait les distorsions de change (cf One Market, One Money) qu’il incitait aux réformes structurelles , qu’il permettait le partage du privilège de seigneuriage avec les Etats Unis.. Deuxième paradoxe, si les Européens ont eu tort économiquement car le pari de l’Euro n’a pas été gagnant et que la divergence entre économies s’est accrue, ils ont eu raison politiquement car l’euro est toujours la, ce qui veut dire qu’on a trouvé chemin faisant des solutions pour éviter le pire, on a abandonné la no bail out clause on a crée des fonds de secours (ESM), la BCE a innové (OMT) et on a inventé l’union bancaire.

Comment rendre compte de ces erreurs symétriques.

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jeudi 2 novembre 2017

Quel est le bilan de l’euro ?

Patrick Artus, Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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 On se demande souvent s’il fallait faire l’euro, si le bilan de l’euro après 18 ans est positif ou négatif. Il nous semble qu’on peut être relativement négatif, si on se limite à l’analyse économique :

- l’unification monétaire a pour premier objectif de constituer un grand marché intégré des biens et services grâce à la disparition du risque de change ; certes les flux d’échanges commerciaux entre les pays de la zone euro sont élevés, mais la zone euro n’a pas réussi à faire apparaître de grandes entreprises dans les secteurs d’avenir se développant mondialement à partir du marché intérieur de la zone euro ;

- l’unification monétaire a comme second objectif central de permettre, grâce à la disparition du risque de change, l’utilisation de l’épargne pour financer les investissements efficaces, quelle que soit leur localisation dans l’Union Monétaire ; malheureusement, la mobilité des capitaux entre les pays de la zone euro a disparu depuis la crise de 2011-2013 ;

- en l’absence de fédéralisme (de transferts publics entre les pays, d’un budget significatif de la zone euro), il n’y a dans la zone euro ni correction de l’hétérogénéité croissante de revenu des pays due à l’hétérogénéité de leurs spécialisations productives, accrue par la disparition du risque de change, ni mécanisme contracyclique rapprochant les positions conjoncturelles des pays. Le fédéralisme ne peut pas être remplacé par la diversification entre les pays de la zone euro des portefeuilles d’actifs, qui est faible, ou par les flux de capitaux privés, qui sont procycliques.

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mardi 31 octobre 2017

Une zone euro protectrice, interventionniste, social-démocrate : est-ce une bonne idée ?

Patrick Artus, Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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Il paraît évident que le modèle économique de la zone euro évolue dans un sens différent de celui du modèle traditionnel du libéralisme (appelons ce modèle le « consensus ancien de Washington »), sans doute en réponse aux demandes des opinions.

La zone euro devient plus protectrice (contre le dumping social ou environnemental, contre les acquisitions étrangères, contre les multinationales de l’Internet) ; elle souhaite avancer vers la coordination fiscale et sociale de ses pays (harmonisation fiscale, réduction des biais de compétitivité comme les travailleurs détachés) ; elle souhaite un supplément d’interventionnisme des Etats (investissements publics du Plan Juncker, proposition de budget de la zone euro, mise en place de projets communs d’investissement public) ; elle a mis la politique monétaire au service de la croissance.

Certaines évolutions sont clairement favorables ; il faudrait se demander si d’autres ne peuvent pas nuire au dynamisme économique de la zone euro (s’il y a réduction de la concurrence, rôle accru des Etats dans les investissements, peut-être hausse de la pression fiscale).

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vendredi 27 octobre 2017

Pourquoi et comment attirer les entreprises étrangères ? Le cas de la France et du Royaume-Uni

Louisa Toubal , Chef de projet La Fabrique de l'industrie

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L’analyse de la politique britannique en matière d’investissements directs étrangers apporte des réponses empiriques à des interrogations qui nous sont familières : le maintien d’une industrie forte dans un pays passe-t-il plutôt par la préservation de ses « champions » ou par l’attraction de capitaux étrangers ? Sous quelles conditions les investisseurs étrangers peuvent-ils participer durablement à la croissance économique d’un pays, d’un territoire ?

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mercredi 9 novembre 2016

Les leviers économiques de la préservation de la biodiversité

Laurent Piermont, Président de CDC Biodiversité

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Lorsque la question de la biodiversité est évoquée, l’une des premières réactions du monde économique consiste à associer cette notion complexe aux aires protégées ou aux espèces remarquables. Cette vision fait abstraction des liens d’interdépendance qui existent entre la biodiversité d’un côté, « tissu vivant de la planète » à la base du fonctionnement des écosystèmes, et l’économie, de manière générale. En effet, le bien-être, au sens économique du terme, est fortement corrélé au fonctionnement des écosystèmes à travers les services écosystémiques dont les activités économiques dépendent et qu’elles impactent. Ainsi, si l’érosion de la biodiversité est source de coûts non pris en compte dans la prise de décision privée ou publique, sa restauration peut, par corollaire, être à la base de bénéfices et d’opportunités pour les acteurs, et pour l’économie dans son ensemble.

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Les taux d'intérêt bas ne sont pas une fatalité

Par Benoît Cœuré, Membre du directoire de la Banque centrale européenne, tribune publiée dans Les Échos

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Après presque une décennie de crise, la croissance est de retour dans la zone euro. Le PIB en volume a dépassé son niveau de 2008 et le taux de chômage diminue régulièrement. Ce rebond est bienvenu et la politique monétaire y a fortement contribué. Mais la reprise est trop poussive pour que l'on puisse s'en réjouir. Et certains s'inquiètent des conséquences des taux d'intérêt bas pour la stabilité financière et la rentabilité du secteur financier.

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La vie sans l’euro

Par Agnès Bénassy-Quéré, Ecole d’Economie de Paris, Université Paris 1.

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Dans son ouvrage récent L’euro, comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe (Les Liens qui Libèrent, 462 p.) le Prix Nobel américain Joseph Stiglitz pointe les malfaçons de la zone euro et propose de mettre fin à l’aventure, temporairement ou définitivement. Examinons ce que signifierait concrètement, pour la France, d’abandonner l’euro.

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lundi 7 novembre 2016

La baisse des cotisations peut-elle relancer les exportations françaises ?

Par Sarah Guillou, Directrice adjointe à l’OFCE 

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La baisse des cotisations vise à diminuer le coût du travail afin de satisfaire deux objectifs : d’une part inciter à l’embauche, d’autre part améliorer la compétitivité-coût des entreprises vis-à-vis de partenaires étrangers qui aurait des coûts plus faibles toutes choses égales par ailleurs. Concernant la compétitivité, le raisonnement repose sur la comparaison internationale des coûts du travail qui montre que la part des cotisations sociales dans le niveau du coût du travail en France est plus forte qu’elle ne l’est pour ses principaux partenaires commerciaux.

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dimanche 6 novembre 2016

Les modes de scrutin fabriquent-ils les résultats ?

Par Antoinette Baujard, Directrice adjointe du GATE L-SE et Maître de conférence, Université Jean Monnet

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«Gouverner c’est choisir», mais comment choisissons-nous nos gouvernants ? Les débats politiques ne portent pas seulement sur les questions de fond ou sur les candidats, mais aussi sur les modes de scrutin, déjà source de certaines frustrations des électeurs. Si le mode de scrutin en vigueur était différent, les problèmes de représentativité seraient-ils résolus ? Serions-nous plus enclins et plus heureux d’aller voter ? Les résultats seraient-ils différents ?
Cette conférence invite à imaginer des méthodes de vote alternatives et compare leurs effets.

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Réussir la réforme des Régions : quelques éléments de débat

Par Olivier Bouba-Olga, Doyen de la Faculté de Sciences Economiques, Université de Poitiers

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Mercredi 9 novembre 2016, j’interviendrai aux Journées de l’Économie organisées à Lyon dans le cadre d’une table ronde intitulée «Réussir la réforme des Régions». Voici quelques idées en vrac que j’aimerais défendre.

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Quel avenir pour l’Union européenne ?

Par François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France

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A l’heure où la question des inégalités et des laissés-pour-compte de la mondialisation monte dans les pays anglo-saxons, l’Union européenne ne doit pas renoncer au modèle social qui fait son identité ; mais pour le conserver, elle doit l’adapter, et amplifier la croissance et l'emploi. La réponse est double : davantage de réformes au niveau national, notamment en France ; et une meilleure coordination entre les États membres, pour avancer concrètement vers une véritable Union économique européenne. ‎

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Quelle place faut-il laisser aux plateformes Internet ?

Par Jacques Cremer, Co-directeur de la Chaire Jean-Jacques Laffont pour l’économie numérique (Toulouse School of Economics)

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Les plateformes Internet ne remplissent que des fonctions que d’autres plateformes remplissaient depuis des siècles. Mais elles les remplissent de façon tellement efficace et à une telle échelle qu’elles ouvrent des potentialités extraordinaires dont il nous faut tirer parti et qu’elles présentent des dangers nouveaux qu’il nous faut écarter.

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Le Plan Juncker : dernière chance pour la croissance européenne ?

Par Marc-Olivier Strauss-Kahn, Directeur général, Études et International, Banque de France

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Ce Plan est surtout une belle opportunité, désormais doublée en durée (6 ans) et en montant (630 Mds €). Pour assurer une croissance durable et multiplier son impact en mobilisant l’épargne disponible, il faut l’accompagner de réformes structurelles, dans divers pays, et institutionnelles, au niveau de la zone euro, ce qui motivera au besoin les pays appropriés à le compléter par un soutien budgétaire national.

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Le monde est devenu différent

Par Patrick Artus, Chef économiste, Membre du comité exécutif de Natixis

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Nous nous demandons en quoi le Monde est devenu structurellement différent dans la période récente, et ce que sont les contraintes nouvelles induites pour les politiques économiques :
* le Monde devient de plus en plus une économie de services ; ceci réduit la croissance, le commerce mondial et concentre l’industrie dans un petit nombre de localisations, et accroît fortement la concurrence par les coûts, par les règlementations entre les pays ;

* avec le freinage des gains de productivité, et le vieillissement démographique la croissance devient structurellement faible dans beaucoup de pays (OCDE, Chine, Amérique Latine…) ; dans ces pays, la croissance faible pose la question du financement de la protection sociale ; le nombre de régions potentiellement moteurs de la croissance mondiale devient faible (Afrique, Asie du Sud) ;

* l’avantage de compétitivité-coût des émergents disparaît progressivement, ce qui conduit à l’arrêt de la segmentation des chaînes de valeur, à la « démondialisation », « déglobalisation », et fait apparaître une concurrence nouvelle plus forte entre les pays de l’OCDE ;

* les ajustements des balances des paiements et les mouvements de taux de change sont dominés par les flux internationaux de capitaux, et plus par les situations des balances courantes ; ceci accroît l’instabilité financière, le coût de l’absence de coordination des politiques monétaires, le coût des politiques monétaires ultra-expansionnistes ;

* la bipolarisation des marchés du travail entre emplois qualifiés à revenus élevés et emplois peu qualifiés, peu protégés et à revenus faibles se généralise et s’amplifie dans les pays de l’OCDE avec la migration de la classe moyenne vers les émergents, il en résulte l’ouverture des inégalités, la « disparition » et la frustration de la classe moyenne, une tension sociale et politique forte ;

* la modification de la nature du capitalisme, avec l’expansion d’une part des grandes entreprises des Nouvelles Technologies, qui n’ont pas de localisation géographique claire, d’autre part du capitalisme chinois qui s’internationalise ;

* la prise en compte rapide et assez brutale des objectifs climatiques, d’où une forte pression sociale pour réduire les émissions de CO2 et une orientation nouvelle des investissements dans l’énergie, et peut-être à terme un bouleversement des organisations énergétiques des sociétés, avec la mise au rebut d’un capital considérable.

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Comment taxer et dépenser localement au XXI ième siècle ?

Par Sylvie Charlot, Professeure Université Lumière Lyon 2, Laboratoire GATE – UMR CNRS 5824.

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Les collectivités locales des villes et de leur périphérie ont dû faire face, ces dernières décennies, à d’importantes évolutions tant dans leur organisation, que dans leurs compétences et leurs sources de financement. Même s’il est trop tôt pour faire le bilan des réformes fiscales et de la réorganisation des compétences, pour certaines inachevées, et du processus de coopération intercommunale, on peut en étayer les motivations, les enjeux et les risques, au regard de l’économie publique locale.

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Refonder les organisations du travail : un impératif pour la compétitivité et le bien-être des salariés

Par Émilie Bourdu, Chef de projet à La Fabrique de l’industrie

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L’innovation organisationnelle permet aux entreprises de réaliser des gains de productivité : le taylorisme, le fordisme ou le toyotisme en sont des exemples historiques. Aujourd’hui, il est parfois question de « libérer l’entreprise ». Or, selon une étude récente de La Fabrique de l’industrie, l’Aract Ile-de-France et Terra Nova (2016), c’est plutôt le travail qu’il faut libérer, en donnant aux collaborateurs les moyens de faire du bon travail dans de bonnes conditions. L’engagement et la santé de ces derniers en dépendent et la compétitivité de nos entreprises aussi. Voici quelques pistes pour passer à l’action.

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En dépit des aides publiques et de la PAC, l’élevage français perd pieds face à ses concurrents européens *

Par Pierre André Buigues, professeur à Toulouse Business School, Université de Toulouse, ancien Conseiller économique Commission Européenne

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En dépit des aides publiques importantes dont bénéficie la filière viande française, celle-ci perd pieds face aux autres pays européens de la PAC qui sont aussi pour la plupart sont dans l’euro. C’est le marché européen qui explique l’essentiel de la dégradation des positions françaises, pas la mondialisation, le coupable habituel. En 10 ans entre 2002 et 2012, la part de marché mondiale de la filière viande française est passée de 8% en 2002 à 5% en 2012, 3 points de moins alors que l’Allemagne gagnait des parts de marché. Sur une même période de 10 ans la France a vu sa part de marché dans l’aéronautique mondiale augmenter de 8 points. Quelle est l’ampleur de ce déclin ? Les principales raisons ? Et les perspectives de moyen terme pour l’élevage français ?

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samedi 5 novembre 2016

Y-a-t-il un coût social à la compétitivité allemande et quelles leçons pour la France ?

Par Olivier Bargain (IDEP, Université d’Aix-Marseille), Hilmar Schneider (IZA, Bonn), Alain Trannoy (IDEP, EHESS et Aix-Marseille School of Economics)

 

Olivier Bargain
Olivier Bargain

L’Allemagne a entrepris au cours des années 2000 des réformes importantes et en particulier de son marché du travail. Le regain de compétitivité de l’économie allemande suite à ces réformes et le rebond rapide après la crise de 2008-2009 sont frappants. En revanche, le bilan sur le plan de la pauvreté et des inégalités reste à faire. Cette table ronde posera donc le débat en ces termes : dans quelle mesure l’Allemagne a-t-elle sacrifié la solidarité et la redistribution sur l’autel de la compétitivité ? La société allemande est-elle devenue plus inégalitaire que la société française, alors qu’elle l’était plutôt moins auparavant ? Dans ces questions, quel a été le rôle des transformations du marché du travail et des réformes de l’emploi, des aides sociales et de la taxation?

 

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Regard statistique sur les enjeux de la réforme territoriale

Par Sylvie Marchand, Chef du département de l'Action régionale de l'Insee

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La réforme territoriale (RT) a pour ambition de conforter le rayonnement et la place internationale des régions françaises. Parmi les objectifs visés : permettre aux collectivités locales d'être toujours plus efficaces tout en générant des économies budgétaires. Le regroupement des régions ne s'est pourtant pas accompagné d'une disparition des départements. A l'échelon communal, le dispositif des communes nouvelles a fait passer leur nombre en dessous de 36000 et les structures intercommunales ont été renforcées. Avec la RT, sept régions métropolitaines sont plus vastes et plus peuplées, et les compétences des régions se sont accrues. Les régions métropolitaines comptent 4,9 millions d'habitants en moyenne, contre 2,9 millions avant la réforme. La fusion a mécaniquement réduit les écarts existants de croissance économique, de dynamique de la population ou de niveau de revenus. Néanmoins, les différences entre territoires, au sein des régions, restent fortes. Le chômage et les situations de pauvreté touchent plutôt les cœurs des grandes villes et les territoires très éloignés des pôles d'emploi. L'enjeu de la cohésion sociale et territoriale en est renforcé.

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