Blog des intervenants des Jéco

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jeudi 15 novembre 2018

Comment penser l’exigence d’un développement inclusif et soutenable ?

Michel Aglietta, Professeur émérite d’économie (Université Paris-Nanterre), conseiller scientifique au CEPII et à France Stratégie

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Michel Aglietta

Les Jecos de Lyon, version 2018, ont proposé à la réflexion collective le thème suivant : que sait-on de notre avenir ? Concomitamment, le rapport 2018 du GIEC a mis en évidence le dépassement des limites planétaires comme facteur de crise majeure du 21° siècle, tant sociale qu’écologique. L’accumulation capitaliste est la cause historique essentielle de cette dynamique divergente. Transformer le régime de croissance est donc devenu une nécessité vitale. Cette réflexion est abordée dans un rapport récent [«Transformer le régime de croissance», sous la direction de Michel Aglietta, rapport pour l’Institut CDC pour la Recherche, octobre 2018].

Il ressort de l’analyse historique approfondie que cette dynamique est régie par des cycles financiers de longue période qui influencent les conditions de production et l’ensemble des structures sociales. Depuis l’essor de la financiarisation au début des années 1980, le mode de régulation a changé avec l’adoption du principe de la valeur actionnariale. Certaines caractéristiques de la «Belle Epoque», ont réapparu : la montée des inégalités sociales, la concentration du pouvoir et de la richesse des classes dirigeantes, la multiplication des rivalités géopolitiques, le déclin relatif de la puissance hégémonique. Mais notre époque st aussi celle de l’accélération des déséquilibres socio-écologiques qui met en relation le franchissement des limites planétaires et l’accumulation des vulnérabilités financières.

C’est le temps des ruptures et des incertitudes au point de jonction de l’analyse historique et de la visée prospective. Le lien prétendument organique entre le développement capitaliste et la démocratie libérale est brisé par le surgissement de la puissance chinoise. Les limites écologiques franchies et les inégalités sociales de moins en moins supportées amorcent l’ébranlement du capitalisme financiarisé. A l’étouffement de la destruction créatrice par la monopolisation du capital s’oppose le retour en grâce des Communs comme formes de préservation de la nature et de protection des habitats humains.

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jeudi 8 novembre 2018

L’union européenne de l’énergie à l’épreuve

Elie Cohen, Directeur de recherche CNRS

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Elie Cohen

Les dérèglements du marché européen de l’électricité interrogent après des décennies de politiques intégrées de l’énergie : instabilité des prix de gros malgré des réformes continues d’organisation des marchés, croissance des émissions de gaz à effet de serre malgré un effort majeur dans les énergies renouvelables, dépendance renforcée à l’égard du gaz russe malgré la réaffirmation d’une politique de sécurité énergétique.

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Afrique, la croissance par le numérique

Pierre-Noël Giraud, Professeur d'économie à Mines ParisTech et à Paris Dauphine

Pierre-Noël Giraud
Pierre-Noël Giraud

Le défi du siècle

La réussite de l'émergence soutenable et pacifique de l'Afrique est le grand défi du 21e siècle L'Afrique aura 2,5 milliards d'habitants en 2050, plus que toute l'Asie du Sud à 2,4 milliards, tandis que la Chine et l'ensemble Amérique du Nord Europe auront 1 milliard d'habitants. Selon la projection centrale de l'ONU l'Afrique devrait compter 4,5 milliards d'habitants en 2100.

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mardi 6 novembre 2018

Vers une société post -croissance ?

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Dominique Méda

Dominique Méda, Professeure de sociologie, Directrice de l’IRISSO, Dauphine/PSL
Auteure notamment de La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer, Champs-Flammarion

S’il y a moins de croissance, est-ce parce que nous la désirons moins ? Certainement pas.
Les prières pour que la croissance revienne ou soit plus forte se font entendre dans presque toutes les parties du monde : c’est une prière universelle, tout comme l’est la croyance dans le fait que la croissance serait un proxy du progrès puisqu’elle semble corrélée à l’augmentation des revenus, du niveau d’éducation et de santé. Les puissantes critiques développées dans les années 1970 à l’encontre à la fois de l’indicateur fétiche qu’est le PIB et de la croissance elle-même, ont été balayées par la crise économique des années 1980 et la montée du chômage

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Leçons du XXème siècle pour le futur

Gilbert Cette, Adjoint au Directeur général des Études et de Relations internationales à la Banque de France et professeur associé à l'Université d'Aix-Marseille

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Gilbert Cette

Les scénarios pour le futur sont très contrastés. Selon leurs capacités à bénéficier du choc du numérique et de l’économie digitale, les différents pays pourront connaitre une grande prospérité ou une paupérisation relative.

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Doit-on éviter une société d’héritiers ?

Gilles Dufrénot, Professeur à l’Ecole d’Economie de Marseille et chercheur associé au CEPII
 

Gilles Dufrénot
Gilles Dufrénot

La question de l’héritage suscite des débats pour plusieurs raisons. D’abord, en déterminant les conditions initiales, elle peut conduire à des inégalités d’opportunité : les gens n’ont pas les mêmes chances au départ. Cependant, historiquement on observe que le développement des nations, l’essor industriel, ont été possibles grâce à des dynasties se transmettant un capital productif de générations en générations. Généralement, leur prospérité personnelle a coïncidé avec la prospérité économique de leur pays. La liste est très longue : par exemple, les familles Carnegie, Rockefeller, Vanderbilt issues de l’aristocratie financière américaine ; la plupart des dirigeants d’entreprises industrielles du XXème siècle ; les diasporas de chinois expatriées à Hong-Kong ou en Asie.

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Réformes de la zone euro : où en est-on ?

Jean Pisani-Ferry, Professeur à la Hertie school of governance de Berlin et professeur associé à Sciences-Po

Jean Pisani-Ferry
Jean Pisani-Ferry

Depuis bientôt dix ans, on n’en finit pas de parler de réformer la zone euro. Où en est-on ?

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Quelles inégalités?

François Bourguignon, chaire émérite à Paris School of Economics

François Bourguignon
François Bourguignon

L’inégalité est depuis maintenant plusieurs années au centre du débat public. A en croire les opinions exprimées dans les media et dans les enquêtes d'opinion, l’inégalité augmenterait de façon à peu près continue. En 2015, 8 français sur 10 considéraient que "les inégalités" avaient augmenté au cours des 5 années précédentes. L'inégalité des niveaux de vie individuels n'avait pratiquement pas changé, ni la part du 1% ou 10% les plus riches dans le revenu brut total (voir encadré).

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Pourquoi les inégalités hommes femmes ne diminuent plus?

Cecilia García Peñalosa, Economiste, directeur de recherche au Cnrs, directeur d’études à l’Ehess, et membre d’Aix-Marseille School of Economics (AMSE)

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Cecilia García Peñalosa

Depuis le début du 20e siècle, les inégalités entre femmes et hommes ont diminué de manière spectaculaire. L’égalité devant la loi s’est vue accompagnée d’une réduction massive des inégalités économiques entre les genres. Les femmes occupent quasiment la moitié des emplois, sont davantage diplômées que les hommes et l’écart salarial entre les deux sexes s’est considérablement réduit. Mais ce progrès semble avoir subi un coup d’arrêt depuis une vingtaine d’années : les écarts salariaux ont cessé de diminuer, les postes les plus prestigieux sont toujours occupés par les hommes et femmes et hommes travaillent dans des secteurs différents. Quels facteurs peuvent expliquer cette situation ?

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lundi 5 novembre 2018

Les États-Unis seront-ils à l’origine de la prochaine crise financière ?

Patrick Artus, Chef économiste de Natixis et membre du Comité Exécutif, Professeur-associé d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

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Patrick Artus

On peut considérer que les États-Unis ont été à l’origine de la crise de 2000-2001, qui part de l’explosion de la bulle sur les actions des Nouvelles Technologies aux États-Unis et de la crise de 2008-2009, qui part de l’explosion de la bulle sur les prix de l’immobilier et la titrisation des crédits immobiliers, toujours aux États-Unis. La prochaine crise peut-elle aussi venir des États-Unis ? Nous le craignons avec les effets des flux de capitaux entre les États-Unis et le Reste du Monde.

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dimanche 4 novembre 2018

Qu’est-ce que la recherche en économie ?

Laurent Simula, Professeur d’économie à l’École Normale Supérieure de Lyon et chercheur au sein de l’UMR GATE Lyon/St-Etienne.

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Laurent Simula

Qu’est-ce que fait un chercheur en sciences économiques ? Si la question est légitime, il n’est pas aisé d’y répondre ! Ceux-ci ne sont pas forcément intéressés par la prévision de la prochaine crise économique, une question essentielle mais qui relève plutôt des instituts de conjoncture ou ministères. En outre, nous ne nous intéressons pas seulement au fonctionnement de l’entreprise ou des marchés, mais abordons des sujets aussi divers que l’exploitation des ressources naturelles et les conflits qu’elle génère, les effets de la concentration urbaine sur les inégalités, la meilleure façon de redistribuer les revenus, ou la manière d’allouer les dons d’organes.

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L’euro n’est pas tiré d’affaire

Agnès Bénassy-Quéré, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’École d’Économie de Paris.

Agnès Bénassy-Quéré
Agnès Bénassy-Quéré

Depuis le début de la crise, de nombreuses réformes ont été entreprises dans la zone euro. Elles répondaient à trois objectifs. Le premier était d’apporter une aide d’urgence à un pays qui aurait perdu l’accès au marché, pour le financer temporairement en attendant que sa situation se redresse sous l’effet, notamment, d’un programme d’ajustement. Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a été créé à cette fin.

 

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Gare à la société algorithmique

Daniel Cohen, Professeur de sciences économiques à l’Ecole Normale Supérieure

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Daniel Cohen

Chacun voit bien à quoi pourrait ressembler, dans vingt ans, le nouveau monde des services. Les taxis n’auront plus de chauffeurs, l’Apple Watch se sera démocratisée, permettant à chacun de prendre son pouls et de réaliser un electro-cardiogramme, offrant aussi, en partenariat avec Amazon, de livrer les médicaments qui vous ont été prescrits par le centre Google Health, lequel aura pris aussi le contrôle d’un réseau de pharmacies. Les ingénieurs, les « manipulateurs de symboles » inventeront des algorithmes qui feront tourner la société numérique au profit des GAFA. Dans cette société de stars, grandes et petites, le travail humain deviendra celui d’une domesticité au service des élites. Les Mark Zuckenberg et les Bill Gates auront toujours besoin de leurs coiffeurs, médecins et avocats, et en cascade, ceux-ci offriront des emplois de moins en moins payés à leur propre domesticité. C’est un système où le luxe sera d’échapper aux technologies et de bénéficier d’un service à la personne. Mais plus on s’éloignera du sommet, plus l’emploi sera dévalorisé, et la production de richesses numérisée.
 

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mardi 14 novembre 2017

Comment améliorer l’enseignement de l’économie ?

Alexandre Delaigue, Enseignant en économie à l’université de Lille

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Depuis une vingtaine d’années, à intervalles réguliers, ont lieu des mouvements d’humeur, pétitions, lettres ouvertes, d’étudiants en économie se plaignant du contenu de l’enseignement qu’ils reçoivent. Ce n’est pas spécifique à la France ; le mouvement est international, avec en particulier des versions britanniques et américaines. Cela ne date pas de la crise financière de 2007 mais d’avant. L’économie est la seule discipline suscitant ce genre de controverses. La répétition du mouvement vient de ce que les étudiants finissent par quitter l’université pour entrer dans la vie active, et être remplacés par d’autres qui redécouvrent les mêmes problèmes : ils ne sont jamais vraiment résolus. Quel est exactement le problème ? Peut-on le résoudre en changeant les programmes et les enseignements d’économie ?

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Les inégalités sur le marché du travail se créent dès la sortie de l’université

Anne Boring, Assistant Professor au département d’économie d’Erasmus University Rotterdam et chercheuse associée au LIEPP (Sciences Po)

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Le vendredi 3 novembre 2017 à 11h44, les femmes françaises ont été appelées à arrêter de travailler afin de marquer symboliquement le jour à partir duquel les femmes ne sont plus rémunérées, comparativement aux hommes. Le collectif féministe Les Glorieuses, qui a lancé cet appel, se base sur les chiffres des inégalités salariales d’Eurostat : les femmes, en France gagnent 15,7% de moins que les hommes.

Ces inégalités sont souvent en partie expliquées par les différences qui existent dans la répartition des tâches domestiques entre les femmes et les hommes, ainsi que par les interruptions de carrière causées par la maternité. Or, les inégalités professionnelles apparaissent dès l’entrée sur le marché du travail des jeunes diplômé•e•s, soit bien avant le moment où les contraintes de vie familiale viennent creuser les inégalités.

La Conférence des grandes écoles a déjà montré que les jeunes diplômées d’écoles de commerce s’en sortent moins bien à la sortie des études que les hommes. Bien loin d’être un problème spécifique aux écoles de commerce, ce constant peut être fait quel que soit le type d’études supérieures dans lequel s’engagent les femmes.

L’analyse de données mises à disposition par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, permet de bien montrer comment les inégalités salariales et de trajectoires de carrières commencent aussi dès la sortie de l’université. Plusieurs constats peuvent être faits.

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mercredi 8 novembre 2017

Les métamorphoses de la concurrence internationale

Flora Bellone, Université Côte d’Azur, GREDEG et OFCE Science Po

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La mondialisation a pris un tournant inédit depuis les années 1990 du fait de l’intensification massive du phénomène de fragmentation internationale des processus de production. Cette transformation est caractérisée par une croissance sans précédent des flux de commerce de biens intermédiaires, de pièces et composants, de services, et surtout par une réorientation massive de ces flux devenus majoritairement des flux Nord-Sud alors qu’ils étaient pour l’essentiel des flux Nord-Nord jusque dans les années 1980.

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mardi 7 novembre 2017

L’incidence des grandes infrastructures sur la croissance économique et l’aménagement du territoire et des villes.

Jean-Claude Prager , Directeur des études économiques de la Société du Grand Paris

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Les résultats les plus récents de l’économie géographique moderne montrent que les grandes infrastructures de transport ont un effet significatif sur l’aménagement des territoires et la création de richesses. Les projets d’infrastructures nouvelles entraînent des gains d’accessibilité et ont une influence sur l’attractivité des points nodaux des infrastructures de transport et donc de la demande immobilière autour des gares ou des nœuds routiers. La réalisation d’infrastructures contribue à la relocalisation de la croissance au profit des zones les mieux desservies entraînant des effets d’agglomération porteurs de productivité et des bénéfices pour la croissance. Les connaissances actuelles permettent même de quantifier, dans de nombreux cas, les effets à attendre de la réalisation des infrastructures et donc de mieux fonder des décisions publiques toujours difficiles à prendre.

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Pourquoi l’emploi se polarise

Gregory Verdugo, Maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre d’Économie de la Sorbonne

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« L’époque est favorable aux plus diplômés qui jouissent d’une économie de plus en plus gourmande en talents et compétences. »

Le long des trois dernières décennies, le travail a pris un nouveau tournant. Si l’après Seconde Guerre mondiale avait vu les inégalités de salaire reculer, depuis les années 1980, les écarts se creusent continument. Les écarts de salaire augmentent tout le long de la distribution, à la fois entre les bas et moyens ou entre les moyens et hauts salaires. Dans d’autres pays comme la France, si les inégalités de salaires restent stables, c’est le risque de chômage et de précarisation qui frappe toujours plus les moins qualifiés.

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La concurrence est-elle devenue plus vive ou plus faible ?

François Lévêque, Professeur d'économie à Mines ParisTech

Il s'agit d'extraits de son ouvrage Les Habits neufs de la concurrence Ces entreprises qui innovent et raflent tout (Présentation de l'ouvrage dans le document attaché)

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La concurrence a-t-elle changé d’intensité ? Est-elle plus forte ou moins forte aujourd’hui qu’hier ? En apparence, elle est plus intense. Ne donne-t-elle pas le tournis à endosser sans cesse de nouveaux habits à l’instar des ces magiciens qui changent de costumes sur scène en un clin d’œil ? […]

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lundi 6 novembre 2017

Les Entretiens de l’AFSE racontent l’histoire de la preuve dans les sciences économiques comme Agatha Christie rédige ses romans !

Claude Diebolt, Directeur de Recherche au CNRS à l’Université de Strasbourg et Président de la Section 37 (Economie et Gestion) du Comité National de la Recherche Scientifique

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[…] Ce ne sont pas les effets des causes les plus connues, ni les causes des effets les plus manifestes, qui ont d’ordinaire le plus d’importance. «Ce que l’on ne voit pas» mérite souvent beaucoup plus d’être étudié que «ce que l’on voit.» (Alfred Marshall (1906), Principes d’économie politique, Tome Premier, Paris, V. Giard & E. Brière, p. 136).

Les Entretiens de l’AFSE racontent l’histoire de la science économique comme Agatha Christie rédige ses romans ! Au regard du panel, nous aborderons le rôle de la théorie, de l’histoire (la cliométrie), de la statistique (l’économétrie) et de l’expérimentation dans la formulation de preuves en sciences économiques.

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