"Saviez-vous que 40 % des pneus vendus en Chine venaient de chez Michelin?" lance Dominique Foucard à l'assemblée. En trente-neuf ans de carrière dans le groupe tricolore, le directeur de la performance système connaît ses dossiers. Mais il reconnait la casse sociale : "Je me souviens que sur le plus gros site Michelin de France, ils étaient 5.000 salariés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 1.500." Capture_d_ecran_2016-11-11_a_22.50.58.png

L'automatisation ou robotisation ne tuera pas l'emploi

Pourtant, selon Dominique Foucard : "Non, le robot ne tuera pas l'emploi, il l'a modifié et le travail est réorganisé. Des emplois vont disparaître mais d'autres vont se créer ou s'adapter." Le cadre supérieur se refuse à croire aux usines fantômes, pour lui, il n'y aura tout simplement "moins de travailleurs, mais il y en aura toujours, et ceux-là seront plus autonomes". Dit autrement, le salarié dans l'usine du futur sera polyvalent donc ultra qualifié. Il ajoute : "le robot, c'est du passé, aujourd'hui on parle de digitalisation et de dé-taylorisation."

Chez Michelin, un incontestable coût social

Détayloriser selon Dominique Foucard, c'est rendre son autonomie au salarié de l'industrie ! Et cela passe par des formations ou du management d'entreprise. Quant à la digitalisation...ou transformation numérique, elle est inévitable, y compris (et surtout ?) chez Michelin, pour rester N°2 mondial du pneumatique. Des évolutions qui, chiffres à l'appui, ont un coût social : 11.000 personnes travaillent actuellement sur les sites du siège historique de l'entreprise, à Clermont-Ferrand. En 1982, on en totalisait 28.000 ! Et en 34 ans, ce sont les "cols bleus", les "ouvriers Michelin historiques" qui ont le plus souffert de la réduction des effectifs.