15052175_10157764119455215_120321789_o.jpg« Vous êtes finalement le seul autour de cette table à être un acteur d’entreprise », lance Vincent Giret, modérateur de la table ronde et journaliste au Monde, à Didier Bruno, membre du directoire en charge de la Banque du Développement Régional à la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. Cette phrase, prononcée, au bout d’une heure de débat sur les « différents visages de l’entreprise aujourd’hui et demain » a résonné dans ma tête de jeune étudiant de 24 ans. Au début de la conférence, je passais en revue les profils des intervenants invités à donner leur point de vue sur le futur de l’entreprise et constatais que ce n’était définitivement pas sur la scène de la très jolie salle Molière que je pourrai les voir, ces « différents visages de l’entreprise ». Aucune femme, aucun entrepreneur ni auto-entrepreneur, aucun salarié et des hommes de plus de 40 ans – à l’exception sans doute de Julien Pillot, directeur des synthèses stratégiques chez Xerfi.

"Les jeunes de la salle"

Vincent Giret apostropha d’ailleurs à plusieurs reprises l’assemblée en désignant « les jeunes de la salle », comme pour mieux souligner qu’il n’y en avait pas sur la scène. Ils étaient deux, de l’institut d’études économiques Xerfi puisque Olivier Passet, directeur des synthèses économiques, était également invité. Ils étaient manifestement trop nombreux sur la scène, certains intervenants n’ayant eu la possibilité de prendre la parole qu’une seule fois. Ils ont dû être frustrés, je l’étais aussi. J’avais espéré que certains thèmes, qui, selon moi, feront l’actualité de l’entreprise de demain soient abordés, or ils n’ont été que trop rapidement évoqués. Par exemple, ce n’est qu’à un quart d'heure de la fin de la conférence que la (future) toute puissance des métiers de la data ou encore les nouvelles méthodes de management dans les entreprises ont été mentionnées. Malgré tout, je tiens à rappeler qu’il ne s’agit pas ici de remettre en cause les thèmes développés pendant la conférence mais plutôt d'essayer de montrer pourquoi, le futur insider sur le marché du travail que je suis, est resté sur sa faim.

Les dangers de l'uberisation

Pour autant, la partie sur l’uberisation de l’économie perçue comme une révolution cyclique de l’économie m’a beaucoup intéressé. La transition numérique bouleverse bien évidemment tous les codes de l’entreprise et du marché mais elle appartient au processus de « destruction créatrice » que Schumpeter avait théorisé en 1942, et qui, selon Jean-Pierre Corniou, directeur général adjoint de SIA Partners existait depuis bien longtemps : « les palefreniers étaient très remontés lors de l’apparition de la voiture !». Pas de quoi s’affoler, donc. Néanmoins, l’exemple d’Uber est symptomatique de ces bouleversements mais pas sans danger. « Il faut lutter contre une nouvelle situation de monopole, explique Jean-Pierre Corniou, en favorisant par exemple des jeunes start-up françaises qui essaient de concurrencer Uber. » J’aurais justement bien aimé voir sur scène, le dirigeant ou la dirigeante d’une de ces jeunes start-up.