La main encore tremblante, Guillaume Cornu tire machinalement sur sa cigarette devant la salle Rameau. « J’étais un peu stressé », avoue l’étudiant qui a intégré l’EMLyon en septembre dernier. A seulement 21 ans, il vient d’animer le débat consacré au rôle du management sur la santé et la performance au travail. A propos de sa propre performance, il reste lucide malgré les louanges des intervenants et du public venus le saluer à sa descente de la scène. « J’aurais peut-être dû insuffler un peu plus de dynamisme dans le débat en interrompant parfois les intervenants pour mieux les relancer ». Autour de lui pendant une heure et demi, deux chercheurs, un professeur et le directeur général du groupe APICIL. Pas vraiment de quoi l’effrayer. « Vu le sujet de la conférence, tout le monde allait plutôt dans le même sens en disant qu’un bon management était primordial pour le bien-être des salariés d’une entreprise , explique t-il, mon rôle consistait donc à faire les transitions entre les interventions des invités et à lancer les différentes thématiques ».

Jeune ambitieux

Ces thématiques, il a eu un temps extrêmement restreint pour les préparer avant la conférence. « On a reçu un mail de la direction de l’école lundi soir, concernant les Jéco. Ils avaient besoin en urgence d’un étudiant pour être modérateur de la conférence de mercredi matin ». Sans réfléchir, Guillaume se propose. « C’était peut-être un peu suicidaire mais si dans la vie tu ne te lances pas, tu ne progresses pas ». Une réflexion de vieux sage dans la bouche d’un jeune ambitieux. « Je suis content qu’on accorde à un jeune comme moi de la crédibilité pour participer à un événement d’une telle ampleur », sourit-il fièrement. Contrairement à la plupart de ses « collègues » modérateurs de débats aux Jéco, Guillaume ne veut pas faire de journalisme mais s’oriente plutôt vers la politique: « pas comme homme politique mais plutôt en tant qu’organisateur d’événements politiques ». Un rôle en coulisses et donc moins dans la lumière que celui qui était le sien aujourd’hui ? « Pas forcément, il faut de toute façon bien connaître les coulisses pour être dans la lumière… »