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«Aujourd’hui, 288.000 PME ont bénéficié du plan Juncker », annonce fièrement Natasha Valla, de la Banque européenne d’investissement (BEI), en lançant la conférence de mardi, ajoutant: « La BEI a injecté 21 milliards d’euros, ce qui doit générer 315 milliards d’investissements d’ici 2018.» L’un des bénéficiaires du plan, Bruno Farber, directeur du fonds d’investissement Ginkgo, loue quant à lui le rôle « d’accélérateur de projet » du plan. A première vue, l’enthousiasme est partagé par les autres intervenants. D’autant que tous se souviennent du déficit d’investissement après les crises de 2008 et 2012.

Pour Jérôme Creel, de l’OFCE, ce plan européen est le signe que l’investissement public a de nouveau la cote: « Il y a dix ans, les chercheurs en économie ne croyaient plus aux politiques budgétaires expansionnistes. Depuis, on s’est rendu compte que nous sommes les seuls en Europe à avoir entretenu une spirale 'austéritaire' ». Avec ce plan, l’investissement des entreprises est reparti. « Mais c’est insuffisant, elles accumulent encore trop de cash, nuance Natasha Valla. D’autant que les ménages et les gouvernements, eux, n’investissent plus. »

« 0,2% du PIB de l’Union européenne »

Ce mot, « insuffisant » reviendra souvent. « Le plan Juncker est nouveau et louable, mais il représente 0,2% du PIB (Produit intérieur brut) de l’UE ! C’est insignifiant » , pointe Jérôme Creel. Ce manque d’ambition et de moyens, Natasha Vella le constate aussi de l’intérieur : « Il faut en effet augmenter les fonds propres du plan Juncker. Même s’il est trop tôt pour statuer sur ses effets. On verra son impact dans quelques années. »

Autre critique du plan, son ciblage géographique. Il bénéficie en effet à des pays où le secteur privé et l’investissement public sont plutôt dynamiques. Il se destine peu à des pays en difficulté comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne. « Je pense qu’il serait plus pertinent de cibler un pays comme l’Espagne plutôt que l’Allemagne, », avance Jérôme Creel. Finalement, c’est Marc-Olivier Strauss-Kahn qui a proposé des pistes pour donner plus de moyens au Plan Juncker: « Il faut réorienter le surplus d’épargne des pays de l’UE et créer un poste de ministre des Finances de la zone euro, afin de coordonner les investissements. »