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L'actualité résonnait étrangement avec le thème de la conférence mercredi matin: "Inégalités et la montée du populisme". L'élection à la présidence américaine de Donald Trump, homme politique considéré par beaucoup comme populiste, a permis aux invités de revenir sur la montée des inégalités dans le monde.

Des inégalités de revenu accablantes

"L'augmentation des inégalités n'est pas récente. Elle remonte aux années 1980", commence Martine Durand, directrice des statistiques de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Selon elle, 10% des individus les plus riches monopolisent 25% du revenu total des pays de l'OCDE tandis que 10% des moins favorisés touchent 3% de ce même revenu. Aux Etats-Unis, le constat est pire encore. Un dixième de la population confisque 30% du revenu total tandis que les 10% les plus pauvres se partagent 1,5% du revenu du pays. "Ces inégalités ont augmenté avec la mondialisation et de la robotisation. Ces deux phénomènes ont provoqué une baisse des revenus des personnes les moins qualifiées", explique Philippe Aghion, professeur au Collège de France. Et l'écart de revenus ne devrait pas s'améliorer dans les années à venir. "50% de tous les jobs aux Etats-Unis sont susceptibles d'être automatisés''", complète Martine Durand.

Le patrimoine divise

"10% de la population des pays de l'OCDE s'accaparent 50% du patrimoine total", constate Martine Durand. En France, selon une enquête de l'Insee publiée lundi dernier, les inégalités globales de patrimoine ont légèrement diminué entre 2010 et 2015. Malgré tout, la moitié des ménages concentrent 92 % des avoirs patrimoniaux des foyers.

Les inégalités d'accès au cœur du débat

En France comme ailleurs, l'école ou la santé sont des domaines propices aux inégalités. "50% des Américains déclarent avoir des problèmes de santé", déclare la statisticienne de l'OCDE. "L'écart entre l'espérance de vie d'un diplômé de l'enseignement supérieur et celle d'une personne sans grande qualification est en moyenne de huit ans", poursuit-elle.

La perception des inégalités, plus forte encore que les inégalités elles-mêmes

L'OCDE a mis à disposition de tous un outil, "compare your income", permettant de comparer le montant de leur revenu aux autres membres de la société. "On demande aux gens d'évaluer eux-mêmes la position de leur revenu par rapport au reste de la population", explique Martine Durand. "Résultat: tout le monde se sent pauvre, personne n'est riche", conclut-elle.