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Comment le plan Juncker a-t-il participé à développer votre entreprise ?

On est allé voir la Banque européenne d’investissement (BEI, bras armé du plan Juncker) pour la première fois en 2009. Depuis, elle nous a versé au total 30 millions d’euros. Ce "label" nous a permis de solliciter douze investisseurs privés supplémentaires, pour atteindre un montant de 129 millions d’euros. Et sûrement 140 millions d’ici la fin de l’année. Cette aide a été précieuse car, dans le secteur de la dépollution, il est très important de récolter beaucoup de fonds propres en raison des coûts élevés. Pour un projet de dépollution d’une friche industrielle, comme à Fagor-Brandt, dans le 7e arrondissement de Lyon, nous avons un budget de trois ou quatre millions d’euros.

Quelles sont les différences avec des investisseurs privés ?

Un projet « de niche » comme le notre apparaît risqué, et aujourd’hui, les investisseurs privés n’ont pas le temps d’examiner des projets dans le détail. La BEI, elle, prend le temps de vérifier tous les aspects du dossier qu’elle reçoit et mène une enquête approfondie. Si elle accepte de débloquer des financements, c’est une garantie de la solidité de l’entreprise. Les investisseurs privés sont ensuite beaucoup moins réticents à accorder des financements. La BEI est un formidable accélérateur.

La Banque européenne d’investissement vous demande-t-elle des résultats ?

Nous effectuons deux rapports chaque année, pour tous nos investisseurs, y compris la BEI. Il y en a un semestriel, puis un autre en fin d’année, qui est audité. Mais même si nous sommes suivis, nous n’avons pas d’obligation de résultats vis-à-vis de la BEI. A partir du moment où elle a débloqué des fonds, c’est qu’elle a confiance en nous. Sans cette confiance, nous n’aurions jamais pu créer Ginkgo.