La croissance chinoise est au ralenti, comme l'ont analysé plusieurs économistes réunis aux Jéco pour débattre de "la fin des 30 glorieuses de la Chine". Pour booster son commerce extérieur, qui connaît un déclin, la Chine procède depuis des années à l’internationalisation de sa monnaie, le yuan. Ce n’est pas une monnaie flottante, comme le sont l’euro, le dollar ou la livre sterling. Dans le cas de changes flottants, c’est le marché qui détermine la valeur de telle ou telle devise.

En Chine, ce sont les autorités qui régulent. Elles contrôlent le taux de change de leur monnaie avec les autres devises : entre 2005 et 2015, elles ont augmenté de manière continue la valeur du yuan de 33% par rapport au dollar, avance la chercheuse Virginie Coudert aux Jéco. Depuis, le yuan est constamment dévalué par rapport au dollar. Aujourd’hui, le pouvoir chinois garde le contrôle de sa devise, donc de ses capitaux : ainsi, les non-résidents ne peuvent pas utiliser le yuan pour réaliser des transactions financières ou faire du commerce.

L’internationalisation, un processus long

Or, pour être internationalisée, une devise doit répondre à plusieurs critères. Il faut d’abord qu’elle puisse être utilisée en dehors de sa zone d’émission. Mais elle doit remplir d’autres fonctions : être à la fois une unité de compte et une réserve de valeur, permettant son utilisation différée, et servir lors d’échanges au sein et à l’extérieur de la zone monétaire d’émission.

Ce n'est pas encore le cas. Pour autant, la décision du FMI d’intégrer le yuan dans les droits de tirage spéciaux (DTS) est un premier pas dans la reconnaissance du poids monétaire de la deuxième puissance mondiale. En répondant à une demande de Pékin de 2009, elle admet que la Chine répond à deux critères majeurs d’intégration : être un pays puissant en termes d’exportations de biens et services, et émettre des devises « librement utilisables ».