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« Il faut retrouver les liens avec les peuples européens, parler d’une Europe qu’ils comprennent ", a martelé Louis Gallois, devant une salle comble. «  L’Union européenne est illisible, trop lointaine et tatillonne », a insisté le président du conseil de surveillance de PSA. François Villeroy de Galhau, quant à lui, s’est montré moins pessimiste, et a prêché pour la création «  d'un modèle social européen commun ».

Recréer la confiance dans l'Europe

Les deux intervenants ont déploré un « éparpillement » de l’Europe, d’après les mots de François Villeroy de Galhau. « Il faut une Europe recentrée, qui ne s’occupe pas de tout : la Commission n’a pas le monopole de l'initiative », selon Louis Gallois.

Pour surmonter les difficultés de l’Union européenne, l’ancien Commissaire général à l'investissement souhaite que se forme une « fédération des nations », reprenant ainsi l’expression de Jacques Delors. Pour cela, il estime nécessaire l’harmonisation des modèles sociaux, de la fiscalité et du code du travail. Une harmonisation approuvée par une large majorité de Français, comme le confirme le sondage annuel de la Banque de France pour les Jéco.

François Villeroy de Galhau a, quant à lui, proposé trois étapes pour approfondir l’union économique, essentielle à ses yeux pour renouer avec la croissance et faire renaître la confiance en l’Union européenne. Tout d'abord, une union de financement et d’investissement, puis une stratégie de l’économie collective (par exemple, un plan pour la transition énergétique) et enfin une capacité budgétaire accrue, qui suppose, certes, davantage de croissance. Une capacité budgétaire qui doit impliquer une politique budgétaire.

 

Une politique budgétaire commune nécessaire 

 « La politique monétaire peut soutenir la demande et la conjoncture, mais elle ne suffit pas pour augmenter la croissance potentielle », affirme le           gouverneur de la Banque de France. Louis Gallois confirme, agacé : « Il ne peut pas y avoir de politiques monétaires sans y adjoindre une politique budgétaire. Nous avons besoin de transferts et l’Allemagne ne peut pas afficher un excédent budgétaire de 12 milliards d'euros sans réagir. » 

Des réformes nationales antérieures indispensables

Pour les intervenants, la croissance suppose des réformes nationales en amont. Louis Gallois explique : « On ne peut pas appliquer les mêmes réformes qu’en Allemagne, la politique qu’a menée Schröder ne fonctionnerait pas en France. » Pour François Villaroy de Galhau, la solution consiste à augmenter la productivité française, grâce aux investissements.

Un désaccord formel sur le déficit et la dette

Les deux intervenants, globalement d’accord sur les moyens à déployer, se sont, en revanche, opposés sur la question de la dette publique. Si Louis Gallois affirme que « les réformes ne pourront pas être faites avec les contraintes de réduction du déficit », le gouverneur de la Banque de France a refusé tout accroissement du déficit et de la dette. « Quand j’avais vingt ans, la dette était de 20% du PIB, explique-t-il. Aujourd’hui, pour ma fille de vingt ans, elle est de plus de 90%, on ne peut pas laisser ce poids aux générations futures ! »