"La Banque centrale européenne a trop tardé pour mettre en place le quantitative easing", estime Xavier Ragot. En janvier 2015 en effet, la BCE s'est mise à racheter directement des actifs sur les marchés financiers (titres de dette notamment). Auparavant, elle passait par l'intermédiaire des banques pour tenter de relancer l'économie. 

Depuis six mois, la BCE a donc dérogé quelque peu du mandat qui lui est imposée par les traités européens. En intervenant directement sur les marchés financiers, elle peut relancer l'activité au risque de créer des tensions inflationnistes. Ce qui va à l'encontre de son objectif, qui est de limiter la hausse des prix à 2% par an.

En revanche, la Réserve fédérale américaine (FED en anglais) a eu recours au quantitative easing bien avant 2015. Car contrairement à la BCE, la FED a aussi pour objectif de maintenir l'activité économique afin de conserver ou d'atteindre le plein emploi.

Pour Xavier Ragot, cette différence d'objectifs explique en partie la relance rapide de l'activité outre-Atlantique après 2008. 

Pourquoi la BCE a-t-elle alors pour unique objectif de viser la stabilité des prix ? Pour Xavier Ragot, c'est la vision allemande, plus rigoriste, des mandats des banques centrales qui l'a emportée.