Connaissez-vous le club d'Aston Villa ? Situé dans la banlieue de Birmingham, cette équipe a fini à la dix-septième place (sur vingt) du championnat de football anglais à l'issue de la saison 2014-2015, la "Premier League". Pour cette performance, le club a tout de même perçu 92 millions d'euros au titre de la redistribution des droits de retransmission à la télévision. De l'autre côté de la Manche, le Paris-Saint-Germain signe son troisième titre de Ligue 1 en autant d'années. Fort de ces stars internationales comme Ibrahimovic ou Thiago Silva, le club de la capitale permet à Canal+ et Bein Sports de battre des records d'audience. Cependant le club n'a reçu que 45 millions d'euros, soit moitié moins qu'un des moins bon club du championnat anglais.

Pourquoi cet écart abyssal? L'attractivité du championnat. Lorsqu'une chaîne de télévision sort le chéquier pour obtenir les droits de diffusion d'une compétition. La qualité du produit qu'elle achète sera à la hauteur de son investissement car plus il y a d'argent sur la table, plus les clubs peuvent mettre cette manne à profit pour attirer des stars et proposer un spectacle d'exception. Par exemple, l'été dernier, les clubs anglais ont dépensé plus d'1,2 milliard d'euros pour renforcer leurs effectifs.

L'impatient anglais

En Angleterre, les principaux diffuseurs (Sky et British Telecom) ont décidé de casser la tirelire sur le championnat anglais en triplant la mise en l'espace de six ans pour atteindre plus de 3,5 milliards d'euros sur la seule saison 2016-2017. "L'objectif de ces chaînes, c'est de faire en sorte que la Premier League soit le championnat le plus suivi au monde, tous sports confondus" affirme Nicolas Scelles, économiste du sport à l'université de Stirling en Ecosse. Cette puissance financière a pour vocation de faire briller la Premier League à l'étranger, notamment en Asie où se niche un public fan de fooball. "A la différence du football américain ou du baseball qui ne concernent que les Etats-Unis, explique Nicolas Scelles, le football est un marché mondial.

Devant la concurrence du football anglais, la France semble faire pâle figure. Les droits télé de la Ligue 1 augmentent régulièrement, mais à moindre rythme par rapport à la Premier League (voir graphique). Si le plus gros budget annuel du championnat (le PSG avec 490 millions d'euros cette saison) fait jeu égal avec les meilleurs grâce à l'apport financier du Qatar, les autres équipes plus dépendantes des droits télé sont obligées de vendre leurs stars pour boucler leur budget.

En France, on a peu de droits télé, mais on a des idées

Par exemple, le troisième club le plus riche de Ligue 1, l'Olympique Lyonnais, possède un budget trois fois inférieur aux Parisiens. Pour rester à la hauteur du gotha européen en coupe d'Europe, Lyon se doit de trouver de nouvelles recettes.Avec la construction de son nouveau stade de 60 000 places dont il sera le propriétaire pour la bagatelle de 405 millions d'euros. Le club espère changer de dimension en passant de tête d'affiche nationale à place forte du football mondial.

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Pour Patrick Iliou, directeur général adjoint de l'OL Groupe, cette stratégie est nécessaire: "il y a un fossé avec les grands clubs européens qui possèdent tous leurs propres stades." Avec sa nouvelle enceinte, le club lyonnais espère obtenir 50 millions de recettes supplémentaires par an entre la billeterie et la zone d'activité qui se développe autour du site. "Ce projet de stade, c'est notre seul effet de levier en dehors des droits télé", estime Patrick Iliou. Le stade des Lumières va ouvrir ses portes en janvier 2016, l'OL espère que ce nouvel écrin lui permettra de briller sur la planète football.