"Va t-on assister à un Touche pas à ma retraite dans les années à venir ?" Malgré sa nationalité, Pierre Devolder ne fait pas dans la blague belge. Le professeur de l'université de Louvain travaille de concert avec le gouvernement belge pour révolutionner le système de retraite dans son pays. Il réfléchit notamment à la mise en place de mécanismes automatiques pour adapter les pensions aux contraintes économiques et démographiques. En France, la situation est similaire. Alors qu'on enterre petit à petit la retraite à 60 ans en imposant plus de 44 ans de cotisation. Les projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) montre qu'à moins d'un retour aux Trente Glorieuses, le financement des retraites va devoir se réinventer pour garantir des pensions décentes.

La démographie: "qui va payer nos retraites ?"

En cinquante ans, les Français ont gagné douze ans d'espérance de vie, dans le même temps, le nombre d'enfants par femme est passé de 3 à 2. Bilan: Le rapport entre les actifs et les retraités s'est effondré en l'espace d'un demi-siècle. En 1950, il y avait 5 actifs par retraité, aujourd'hui, il n'y a plus que deux et la tendance ne devrait pas s'inverser dans les années à venir.

L'économie: pas de croissance + trop de chômage = moins de retraites?

D'après le COR, pour que le solde des retraites versées par rapport aux cotisations perçues ne soit pas déficitaire. Il faudrait un retour au plein-emploi et plus d'1,5% de croissance annuel. "Un scénario impossible" selon les intervenants présents mercredi. 

Devant ce constat, les intervenants plaident tous pour du pragmatisme. Cela passe t-il par l'allongement du temps de travail ? Lorsqu'un jeune présent dans l'assistance demande s'il va devoir travailler jusqu'à 70 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein, Pierre Devolder se permet de répondre "70 ans au moins !"' Faut-il y voir une blague belge ?