Des réformes structurelles... concrètement, c'est quoi ?

C'est changer les règles du jeu dans une optique de long terme pour libérer la croissance. Par exemple : favoriser la formation professionnelle et l'alternance, baisser les charges sociales, introduire plus de concurrence dans les professions réglementées comme les auto-écoles ou les taxis, ou encore réformer le marché du travail.

Sauf que parfois, les mots font peur. Réformer le marché du travail ne signifie pas forcément baisser les salaires !, s'insurge Gilbert Cette, professeur d'économie à l'université d'Aix-Marseille. Par exemple, on pourrait proposer de laisser plus de temps à une entreprise devant remplir des obligations à partir d'un certain seuil de salariés. Pour que cela ne la dissuade pas d'embaucher ou de conquérir de nouveaux marchés.

Cela marche-t-il à tous les coups ?

Cela dépend de la conjoncture nationale et internationale, mais aussi des politiques monétaires qui accompagnent ces réformes, et peuvent faciliter leur mise en oeuvre ou leur adoption. Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques, n'est pas contre une baisse du SMIC par exemple, pour créer des emplois. Mais à certaines conditions : Pour que cela soit efficace, il faut baisser le coût de l’immobilier, et réformer le système bancaire pour que les salariés en CDD et percevant des salaires faibles puissent aussi avoir accès au crédit.

Alexandre Saubot, PDG du groupe Haulotte, renchérit : le CICE, soit la baisse des charges pour les entreprises, est une excellente mesure en soi. Mais pas si ses effets sont décalés dans le temps, ou si les démarches administratives sont trop nombreuses pour pouvoir en bénéficier, comme c'est le cas aujourd'hui.

Qu'est-ce qui empêche de mettre en œuvre ces réformes de façon efficace ?

Dans une réforme, chacun voit clairement ce qu’il va perdre, mais pas très bien ce qu’il va gagner, résume Alexandre Saubot. Pourtant parfois, ceux qui s'opposent à une mesure pourraient bien finir par y gagner, à long-terme. En France, on ne veut pas toucher aux allocations chômage, mais on devrait y réfléchir. Car on sait que si un travailleur ne retrouve pas de job dans les six mois, ses chances de retrouver un emploi s’effondrent. Peut-être que si les allocations diminuaient avec le temps, cela lui offrirait une motivation supplémentaire.

Et pour Michel Weill, représentant de la CFDT, la réponse est claire : les hommes politiques sont enfermés dans le court terme. La solution ? Elire le président pour sept ans et un mandat non renouvelable. Tout le monde serait alors libéré !