Le temps, c'est de l'argent... Et si ce dicton devenait réalité avec les banques de temps ? Similaires au principe des systèmes d'échange local (SEL), les banques de temps permettent d'échanger un peu de son temps contre un service. "Les échanges ne sont pas réglés avec de l'argent mais avec du temps" explique Jérôme Blanc, maître de conférences de Sciences économiques (Université Lyon 2). "On comptabilise les services échangés. Je t'aide à faire les courses pendant une heure si tu m'aides à déménager pendant une heure". Cette forme de monnaie associative, développée en France dans les années 1990, place au cœur de son développement les échanges locaux.

Une trentaine de monnaies locales en France

C'est aussi le cas des nouvelles monnaies complémentaires locales, comme L'Abeille, première monnaie du genre, lancée en janvier 2010, à Villeneuve-sur-Lot. Aujourd'hui, une trentaine de territoires français ont créé leur propre monnaie : Pays Basque (Eusko), Nantes (Sonantes), Strasbourg (Stück)... L'idée est de "développer un nouveau type d'économie pour fédérer la communauté" affirme Jérôme Blanc. "Les monnaies locales cherchent à promouvoir la production et la commercialisation sur un territoire donné. L'objectif pour le territoire est d'être résilient". En clair, lorsque les entreprises sont intégrées dans un circuit économique local, elles seront moins susceptibles de délocaliser leurs activités en cas de difficultés économiques.

Une "défiance envers le secteur bancaire et financier traditionnel"

Ce développement de monnaies alternatives traduit "l'expression d'une défiance envers le secteur bancaire et financier traditionnel" indique Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences en économie (Université Paris 1). Car selon elle, "une partie de la population ne se reconnaît plus dans la monnaie officielle. Or, la monnaie est le reflet de la communauté. Elle cherche donc à se reconnaître dans de nouvelles formes monétaires".

C'est pourquoi les monnaies locales sont "surtout mises en œuvre par des associations. C'est une dynamique citoyenne" d'après Jérôme Blanc. L'objectif, selon lui, est de "montrer qu'une transformation économique est possible. C'est plus important que le résultat en lui-même".

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Anaïs Cherif (@Anais_Cherif)