Les services d'aide à la personne se préparent à vivre une transformation radicale. Dans quelques années, notre société ressemblera peut-être à celle décrite dans la série suédoise Real Humans.

Sans aller jusqu'aux dérives brillamment amenées par les scénaristes de cette fiction, on peut imaginer que d'ici vingt ou trente ans, les robots auront remplacé les aides ménagères ou les auxiliaires de vie. Les innovations dans la robotique, et plus largement le numérique et la dématérialisation des services, devraient donc détruire des emplois peu qualifiés.

Michèle Debonneuil estime qu'il est possible de préserver ces emplois.

Réhumaniser un secteur déshumanisé

« Le processus est en route » selon elle. « Les solutions robotiques et humanoïdes satisferont les besoins des consommateurs », estime-t-elle, ajoutant que les entreprises n'auront plus à servir d'intermédiaire entre les travailleurs et les clients.

Pour autant, « on peut préserver l'emploi dans ces entreprises tout en prenant le virage numérique ». C'est même un impératif pour elle. Il faut « réhumaniser les services déshumanisés ».

Pas de rentabilité

Michèle Debonneuil prend l'exemple des solutions d'autopartage telles qu'Autolib, employant des individus pour réguler le service et s'assurer notamment d'une répartition équitable des véhicules disponibles en région Ile-de-France. 

Mais ces solutions réhumanisées n'ont pas encore trouvé leur business model. Vendues à un prix modique auprès du client, elles ne peuvent payer correctement leurs employés sans subventions publiques. 

La solution envisagée: augmenter le prix de ces services. Encore faut-il que les consommateurs comprennent et acceptent la facture.