Hier à Lyon, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron exprimait son ras-le-bol du “frensh bashing”. Oui, la France est en difficulté mais elle aurait la capacité de rebondir et de revenir au premier plan. Ce matin, sur la même scène, économistes et chefs d’entreprise ont débattu de la question : notre pays est-il plombé par son modèle social ?

« Le système français n’est plus adapté au 21e siècle. Il décourage la prise de risque, le financement est frileux. Le coût de l’échec est plus élevé en France qu’ailleurs. » Le constat d’Alexandre Saubot, PDG du groupe Haulotte, est implacable. « Sur mon site d’assemblage où travaillent 200 personnes, nous avons 7600 règles et normes à respecter ! ». Une complainte appuyée par le plaidoyer de l’économiste Philippe Aghion pour une réforme structurelle de l’Etat et de son millefeuille administratif qui paralyse notre économie. Une nécessité dans un monde globalisé où la France est autant en concurrence avec la Chine qu’avec l’Espagne et le Brésil.

Un modèle qui donne de l'espoir

Malgré ce ton alarmiste, d’autres intervenants ont préféré souligner les réussites du modèle économique français et l’espoir qu’elles suscitent. Alexandra Roulet, doctorante à Harvard a rappelé l’importance de notre protection sociale qui permet de compenser la précarité. Ce qui n’est pas le cas en Allemagne, modèle de bien des intervenants. L’optimisme de l’américain James Galbraith lui a valu de vifs applaudissements : « Il faut avoir confiance. Il est faux de dire que les entreprises françaises ne sont pas compétitives. Et vos institutions ont fait leur preuve. »

C’est finalement Alexandre Saubot, le patron critique qui a le mieux résumé les atouts de la France : « Les travailleurs français sont disciplinés comme des Allemands, malins comme des Italiens et bosseurs comme des Espagnols. Malgré ses défauts, c’est un pays formidable ! »