« Personne ». C'est la réponse taquine proposée par l'avocat Jean-Philippe Robé à la question « qui dirige l'économie mondiale ? ». Et les rires ne manquent pas dans l'assistance. « Il faut s'en réjouir : ce serait plus inquiétant si nous avions un système unique, totalitaire. » Pour lui, il s'agit alors d'examiner le fonctionnement de l'économie mondiale. La globalisation a changé les pouvoirs en place : les entreprises, par une progressive autonomisation, sont devenues des formes de puissance au détriment des populations et de leurs territoires.

Des entreprises puissantes



Un problème surgit : par ce mécanisme, les entreprises tout comme les lobbies prennent le pas sur les Etats. « Qui régule ? Les entreprises ou les Etats ? » interroge le député européen EELV Yannick Jandot. Avec à la clef: une soumission de l'État aux desiderata des entreprises. « Même s'il existe une volonté de réguler au nom de l'intérêt général, on se tourne actuellement, avec des traités comme le TAFTA, vers un agenda de négociation mettant l'intérêt des firmes au-dessus de l'intérêt général. »

Une pression des lobbies bancaires



Constat partagé par l'économiste Jezabel Couppey-Soubeyran. Selon elle, les lobbies bancaires et financiers sont capables d'avoir une influence manifeste et dangereuse. « Rien qu'auprès de la Commission européenne, l'industrie bancaire a engagé 170 millions d'euros et 1700 lobbyistes. » Et les régulateurs internationaux comme la BRI (Banque des règlements internationaux) n'ont qu'un pouvoir de recommandation et ne sont pas dotés d'un pouvoir de réglementation.

Que faire ?



Pour l'avocat Jean-Philippe Robbé, plusieurs solutions apparaissent pour reprendre le pouvoir. S'il n'est pas possible d'envisager un droit mondial, il faut développer selon lui des normes globales grâce à différents acteurs comme les consommateurs, les ONG... Par ce système, un objectif : empêcher une concurrence entre les Etats et les entreprises. Et permettre l'apparition d'un système vertueux.