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"Les produits laitiers sont nos amis pour la vie" claironnait la publicité, il y a quelques années. Pas certain que ce pot de yaourt ait été lancé avec amitié à Emmanuel Macron.

Soudain, quelques minutes après le début de son discours, le ministre de l’Economie voit un pot de riz au lait glisser puis s’arrêter à quelques mètres du pupitre.

L’auteure du jet de yaourt, assise dans les premiers rangs du public, invective alors Emmanuel Macron. Elle l’accuse « d’assassiner les chômeurs ». « Vous allez imposer le TAFTA pour mieux licencier », s’écrie-t-elle, avant d’être évacuée de la salle.

Abaissement des « barrières règlementaires »

Cette quinquagénaire en colère, blogueuse de son état, fait référence au projet d’accord de libre-échange transatlantique, en cours de négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Projet lancé en 2013 par Barack Obama, l’ex-président de la Commission européenne José Manuel Barroso et l’ex-président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

Le but : renforcer les échanges entre le Vieux continent et le pays de l’Oncle Sam en réduisant les droits de douane et en harmonisant les réglementations existantes entre l’UE28 et les Etats-Unis.

Des partis politiques et des ONG sont vent debout contre ce traité, craignant notamment une commercialisation des OGM américains et du « bœuf aux hormones ».

Des Etats potentiellement condamnables

La puissance publique serait aussi attaquée par ce traité. Des entreprises qui s’estiment lésées par une réglementation ou une loi pourraient avoir recours à des tribunaux arbitraux privés pour faire condamner le ou les Etats concerné(s).

Enfin, certains acteurs comme le groupe de recherche CEO (Corporate Europe Observatory) craignent un détricotage progressif des monopoles publics et des services publics.

Des négociations opaques

Les opposants au projet de traité transatlantique critiquent également l’opacité des négociations actuelles sur le TAFTA. Dix cycles de négociations bilatérales ont déjà eu lieu, et peu d’informations ont filtré sur l’avancée réelle de celles-ci.

La date prévue de conclusion des négociations n’est pas encore connue. Il est peu probable qu’elles s’achèvent avant l’élection présidentielle américaine, en novembre 2016, voire même avant le scrutin français de 2017.

 

Ci-dessous, le reportage d'i>télé, avec photo et vidéo des blogueurs des Jéco, Jean-Baptiste Caillet et Clément Lesaffre
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