"Lorsqu'un consommateur achète une baguette de pain tous les jours, il a le prix en tête. En cas d'augmentation du prix, il le remarque automatiquement" explique Pascal Chevalier, chef de l'unité des prix à la consommation et des enquêtes ménages à l'INSEE. Les achats plus conséquents, comme les voitures, sont espacés dans le temps. Conséquence : l'évolution du prix est moins perçue par le consommateur. En somme, les achats réguliers pèsent plus sur la hausse des prix perçus. Les consommateurs pensent alors subir une baisse de leur pouvoir d'achat. Un constat partagé par Pierre-Alain Pionnier, économiste à l'OCDE. Il affirme que le consommateur "prête une attention plus forte aux biens achetés fréquemment".

Pour expliquer la différence entre le prix réel et perçu, Pascal Chevalier évoque aussi la montée en gamme des biens de consommation. "Pour certains biens, comme les téléviseurs ou les smartphones, on a le sentiment que les prix augmentent beaucoup. C'est vrai, mais la qualité aussi. Or, elle n'est pas perçue par les consommateurs".

De nouvelles consommations incontournables

Pour les Français, l'augmentation de nouveaux besoins devenus incontournables renforce leur perception négative des prix. Ce sont des dépenses d'engagement, actées par un contrat ou un abonnement difficilement re-négociable : les services financiers (les emprunts) ou les divers abonnements (téléphonie mobile, Internet)...

Selon une étude de l'assocation UFC-Que choisir, 30 ans de changements à la loupe, les dépenses en télécommunications sont croissantes. Cette étude compare le poids des dépenses entre 1984 et 2014 à partir d'un salaire moyen net horaire (45,20 francs, soit 6,89€ en 1984 pour 16,18€ net par heure en 2014). Les dépenses de télécommunications représentaient 3 jours du salaire moyen en 1984 contre 9 jours du salaire moyen en 2014.

Au regard de l'indice des prix à la consommation (IPC), calculé par l'INSEE, la perception des prix par les Français reste, de toute façon, très loin de la réalité. Selon le dernier rapport publié par l'INSEE, le 15 septembre 2015, l'IPC est resté stable sur les douze derniers mois.

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Anaïs Cherif @Anais_Cherif