Comment le ressenti du prix influence-t-il les habitudes de consommation des Français ?

Le ressenti des prix est un des critères qui permet de construire l'indice du moral des Français. Quand le moral diminue, la consommation diminue également.

En ce moment, on assiste à une forme de déflation. On observe ainsi, entre autre, une baisse des prix des carburants. Cela permet de redonner du pouvoir d'achat aux plus modestes. Le moral des Français est en hausse, donc la consommation reprend (ndlr : selon une étude de l'INSEE du 25 septembre 2015, la confiance des ménages a atteint "son plus haut niveau depuis octobre 2007" en septembre, après cinq mois de stagnation).

Vous dites qu'il est impossible pour le consommateur de mettre un prix en face d'un service. Pourquoi ?

Un service n'est pas payé comme une quantité. Par exemple, pour un forfait Internet, le consommateur paie toujours le même montant, qu'il utilise beaucoup ou peu sa connexion.

Pour expliquer le décalage entre les prix réels et le ressenti des consommateurs, vous évoquez un choc psychologique. Cette perception peut-elle évoluer ?

Aujourd'hui, on a le sentiment que les prix augmentent alors qu'en réalité, ils diminuent. Il y a un choc psychologique des consommateurs : les Français ont tendance à surjouer les émotions. Une des causes est le passage à l'euro en 2002. De 1990 à 2002, la perception des prix était inférieure au prix réel. Dès février 2002, la perception des prix a dépassé la hausse réelle des prix.

Cette perception négative des prix est plutôt éprouvée par les personnes les plus âgées. Les nouvelles générations, qui n'ont pas connu le passage à l'euro, ne convertissent pas les prix en francs. On peut espérer que ces générations, plus diplômées, seront moins déconnectées de la réalité des prix.

Lire aussi : Pourquoi les Français ne perçoivent-ils pas le prix réel des biens et services ?

Propos recueillis par Anaïs Cherif (@Anais_Cherif)