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« Après les stupéfiants, la contrefaçon et le trafic d'êtres humains, la criminalité environnementale se hisse au 4e rang mondial du commerce illégal » Marie-Béatrice Baudet, grand reporter au Monde, attaque sans concession la table ronde sur la criminalité environnementale. En jeu : un commerce des plus lucratifs, illégal, qui oppose nécessairement deux notions : « l'économie a des besoins illimités, l'environnement a lui des ressources limitées » rappelle Ioana Botezatu, analyste chez Interpol. « A ce jour on chiffre entre 70 et 200 milliards d'euros les profits de la criminalité environnementale » ajoute-t-elle. Une défense d'éléphant coûte 1200 euros le kilo, celle d'un rhinocéros monte à 60 000 euros.

Un commerce récent

Un commerce, qui a doucement vu le jour et pris un nouveau visage en 2012 selon Céline Cissier-Bienvenu, directrice France et Afrique francophone de l'ONG internationale IFAW. « A cette date, on a assisté à un braconnage massif : en trois mois, près de 600 éléphants ont été abattus par balles dans un parc pour récupérer leurs défenses. A partir de là on a compris que le braconnage n'était plus une activité occasionnelle et qu'elle était encadrée par des professionnels. »

Comment agir?

Plusieurs modes d'action sont apparus : documentation de la situation et travail en collaboration avec les autorités. Problème : la corruption et la pauvreté des pays concernés mettent souvent à mal les travaux sur le long terme. D'autant, que certains États se dotent de textes législatifs condamnant parfois sévèrement ces crimes sans nécessairement avoir les structures pour les appliquer. Comment agir ? « En repensant le droit, et en passant d'un droit solitaire à un droit solidaire » propose Laurent Neyret. Et individuellement ? « Vous êtes citoyen et consommateur » ajoute le professeur de droit « n'achetez pas n'importe quoi à l'étranger » précise Céline Cissier-Bienvenu... A Ioana Botezatu d'avoir le mot de la fin: « Nous ne pourrons pas agir sans vous. »