Emmanuel Macron n'a pas oublié les VTC (Véhicules de tourisme avec chauffeur) et le conflit entre taxis et chauffeurs Uber, qui a agité le pays en juin dernier. Le ministre de l'Economie a abordé le sujet, mardi après-midi, durant son discours introductif à la conférence "Nouvelles opportunités économiques", dont il était l'invité d'honneur.

Sans trop s'apesantir sur le cas particulier des taxis, Emmanuel Macron a élargi la problématique à celle de la protection et des réglementations appliquées à ces nouveaux actifs indépendants ou auto-entrepreneurs.

Dans le transport, la livraison à domicile, la restauration, des applications mobiles telles qu'Uber, Hassle ou Hoper rétribuent des centaines de travailleurs. Leur rémunération dépend du nombre de services rendus, par conséquent du nombre d'heures travaillées.

Compte personnel d'activité

Le ministre de l'Economie se félicite de la multiplication de ces nouveaux travailleurs, plus aptes selon lui à s'adapter et à faire évoluer leur activité pour «saisir de nouvelles opportunités.»

Mais de nombreux questionnements persistent sur l'encadrement de l'activité de ces indépendants par le Code du travail. «Nous devons repenser une gestion des risques plus individualisée pour ces travailleurs, afin que ces derniers trouvent la meilleure solution à leurs problèmes au fil de leur vie active.»

Dans ce cadre, Emmanuel Macron a évoqué le compte personnel d'activité, permettant aux actifs de conserver certains de leurs droits (chômage, mutuelle...) même s'ils changent d'emploi ou s'ils déménagent.

Zone grise

La mesure sera mise en place au 1er janvier 2017. D'ici là, le ministre de l'Economie devrait s'atteler à réglementer la dépendance économique de ces indépendants envers les entreprises qui les rémunèrent.

Emmanuel Macron s'est montré intéressé par la création d'un "seuil de dépendance économique". Cette proposition, émise par la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet, imposerait aux entreprises qui rémunèrent régulièrement des indépendants à leur allouer des congés payés ou des RTT.

«C'est une zone grise qu'il faut éclaircir», a-t-il conclu, tout en rassurant certains de ses détracteurs, syndicats en tête, inquiets quant à l'avenir du salariat. «Je ne crois pas en la fin de ce système.»