«La dette grecque a explosé depuis le début de la crise, ce qui était instable à l’époque l’est beaucoup plus aujourd’hui », lâche Charles Wyplosz, professeur à l’IHEID (Institut des hautes études internationales et du développement). Sur la scène de l’espace culturel Saint-Marc, on débattait autour de la question de la dette « ou comment s’en débarrasser ». La Grèce était au centre des discussions. « En 2009, en pleine crise, les pays européens trouvent comme solution de ne peut pas prêter à Athènes et d’augmenter sa dette pour qu’elle ne pose pas de problèmes aux banques internationales. On s’est préoccupé de l’intérêt des banques plutôt que de se soucier de celui de la Grèce » , explique Charles Wyplosz avant de poursuivre, « je pense que si on avait réduit la dette en 2010, la crise ne se serait sûrement pas répandue ». Aujourd’hui, plusieurs possibilités sont évoquées pour sortir le pays de la crise dans laquelle il est embourbé.

Les Allemands contre la mutualisation

Un temps évoquée, la solution de la mutualisation est désormais mise de côté. « Il me semble qu’aujourd’hui on peut essayer de discuter avec l’Allemagne sur le retour de la croissance plutôt que la mutualisation, même si c’est un des scénarios tout à fait crédible », déclare Pervenche Bérès, député européenne, présidente de la délégation socialiste française.

Faire défaut, une solution peu probable

La Grèce peut-elle faire défaut ? « En théorie, rien ne l’empêche de faire défaut unilatéralement, en pratique c’est plus compliqué, répond Charles Wyplosz. Le pays fait partie de la zone euro, sa banque centrale c’est la BCE, contrôlée par ses actionnaires. On vu à la fin du mois de juin quand les négociations se sont tendues que la BCE peut, si elle le souhaite, fermer le robinet de la monnaie, ce qui avait conduit à l’effondrement de la position grecque »

La restructuration, sérieusement envisagée

La restructuration semble inévitable aujourd’hui. « On va dire aux Grecs, ce que vous deviez nous rembourser dans 15 ou 20 ans, vous le ferez dans 50 ans, affirme Charles Wyplosz. Peut-être pendant les 10 premières années, on instaure une période de grâce, on ne paye pas et on n’augmente pas les taux d’intérêt pour ne pas alourdir la barque. En technique financière, c’est une réduction de dette qui ne dit pas son nom. »