Vous soutenez la progressivité du prix de services publics comme les cantines scolaires en fonction des revenus. Mais comme vous l’avez rappelé, plus de 90% des revenus des plus pauvres passe dans les biens de première nécessité. Pourrait-on appliquer la progressivité à ce domaine ?

« Il existe des secteurs sur lesquels les pouvoirs publics ont la main, comme le scolaire ou l’énergie. Je suis pour qu’on y organise des tarifs progressifs ou dégressifs selon les revenus. D’autres secteurs dépendent des sociétés privées. Je ne pense pas qu’on puisse leur imposer des tarifs par la loi. Mais certaines entreprises ont pris conscience qu’elles se couperaient d’une partie de leur clientèle si elles ne développaient pas des mécanismes de progressivité. Elles ont donc intérêt à faire évoluer leur modèle économique.

L’un des axes du projet de société que vous défendez est d’aider les plus pauvres à « retrouver de la dignité ». Comment travailler avec les économistes sur ce concept difficile à quantifier ?

Certains économistes ne se contentent pas de faire de l’économie en chambre. Ils s’intéressent à des phénomènes tels que le décrochage scolaire, l’absentéisme, les dégâts causés par le chômage etc. Ils ont des outils économiques mais s’intéressent à des problématiques plus humaines, qui permettent d’évaluer la dignité.

La transition écologique peut-elle aider à atteindre ces objectifs ?

Bien évidemment ! La question de la précarité énergétique est essentielle. Il faut repenser la consommation, la tarification et l’accès à l’énergie. Nous sommes en train de sortir d’une période dans laquelle on disait : « Les questions d’économie d’énergie, c’est un truc de bobo réservé à des gens qui peuvent se construire une maison avec du quadruple vitrage. » La transition écologique peut-être aussi un moteur d’emploi et de réduction des inégalités. »
Propos recueillis par Morgane Le Cam et Jamal El Hassani