Métro express, voitures et trains connectés. Les transports que nous utiliserons d'ici une vingtaine d'années appartiennent à notre imaginaire. Difficile alors pour les acteurs économiques actuels d'appréhender sur le long terme, les besoins des entreprises, des citoyens et les mutations des modes de vie. Améliorer l'efficacité des transports tout en tenant compte de l'impact environnemental, ce sont les principaux enjeux des infrastructures futures. « Pour bien réussir, il faut aussi anticiper le progrès technique, se demander quelle sera la technologie dans 20 ans » analyse Jean-Claude Prager, directeur des études économiques de la Société du Grand Paris.

Impliquer les citoyens dans les projets

Les acteurs économiques se heurtent aussi à une inconnue majeure : l'impossibilité de comprendre pourquoi les gens se déplacent en choisissant un type de transport particulier. Un facteur pourtant essentiel pour anticiper la réussite d'une infrastructure de transport. Pour quelles raisons, tel jour on va prendre le métro puis le lendemain privilégier le bus ou emprunter notre voiture ? C'est le casse-tête pour les acteurs privés et publics. « Les motivations matérielles ne suffisent pas à expliquer les raisons d'une mobilité. Il y aussi des raisons émotionnelles, liées par exemple à la confiance dans un moyen de transport plutôt que dans un autre » explique Pascal Feillard, directeur de la prospective de PSA et secrétaire général du think tank "Villes en mouvement". Il faut aussi tenir compte de l'amortissement économique du transport. Et pour cela, il est nécessaire de faire comprendre aux habitants des territoires concernés par un projet de transport, les raisons de l'investissement. La contribution financière demandée pour les projets de transport est mieux comprise quand le projet est imaginé. Pour Pascal Feillard, « on imagine un moyen de transport avant de se l'approprier ». Impliquer les citoyens dans les processus de décision apparaît donc fondamental pour réussir les transports du futur.