Qu’est-ce que Bitcoin ?

« Qui n’a jamais entendu parler de bitcoin ? » Ce sont par ces mots que Hugo Sedouramane, journaliste de L’Opinion et modérateur, débute la conférence « Bitcoin : pour le meilleur ou pour le pire ? » Plusieurs dizaines de mains se lèvent, celles de jeunes et de moins jeunes. Comprendre la technologie Bitcoin, connaître ses vertus et ses risques, ce n'est donc pas une question de génération ! Il y a d’abord ce que l'on nomme Bitcoin, un système d’échange sur Internet qui n’est pas contrôlé par une institution ou un organe. Les transactions ne sont donc pas soumises à l’intervention des banques. Mais il y a aussi le bitcoin, ce prototype de monnaie virtuelle. Souvent matérialisé dans les articles et reportages télévisuels par une pièce de monnaie, le bitcoin n’est pourtant pas un objet physique. « Le bitcoin n’existe pas, explique Nicolas Houry, chercheur en économie au CNRS, ce n’est pas une pièce métallique. »

Comment fonctionne le système Bitcoin ?

Bitcoin est un système de paiement en ligne décentralisé. Il s’appuie sur un réseau de pair à pair ("peer-to-peer") comme le logiciel de partage de fichiers eMule. François Velde, économiste à la FED de Chicago explique, de façon simplifiée : « Un bitcoin c’est une histoire, celle de toutes les transactions opérées, de sa création jusqu’au moment où il arrive dans ma poche ». Toutes les transactions sont d’ailleurs visibles et consultables. « Le bitcoin n’est pas la monnaie du crime car le registre des transactions est public », argumente Nicolas Houry, chercheur en économie au CNRS. On ne peut donc pas blanchir de l'argent avec des bitcoins.

Quel avenir pour le bitcoin ?

Sans l’énoncer en des termes très clairs, François Velde, économiste de la FED de Chicago, semble réservé sur la question de l’avenir du bitcoin : « les Etats ne laissent jamais une monnaie échapper à leur contrôle. » La France n’a pas fixé de cadre juridique sur l'achat et la vente de bitcoins à l’heure actuelle, ni l’Europe. L’Autorité Bancaire Européenne a seulement émis une mise en garde aux consommateurs de bitcoins fondée sur les risques de cette monnaie virtuelle. Précision importante : en France, les transactions commerciales en bitcoin sont soumises à la TVA. C'est le cas, sur le site Internet Showroomprive.com qui propose le paiement en bitcoins depuis septembre 2014.

Pour le chercheur en économie au CNRS Nicolas Houry, aucun Etat ne peut réussir à interdire le bitcoin : « on arrête le bitcoin à peu près avec la même efficacité que si on devait arrêter Internet. » A l'instar des drones dans le secteur de l'aviation, des imprimantes 3D dans le secteur de la conception, Bitcoin s'inscrit dans la dynamique de la décentralisation de la technologie. Et dans celle de l'Internet libre. « Bitcoin sert aussi à payer des opposants dans les pays où les paiements sont interdits pour cette personne », explique Pierre Noizat.

Retrouvez les trois questions à Pierre Noizat dans ce billet.

Margaux Bourdin - Etudiante IPJ Paris Dauphine @MargauxBdn Jéco2014