« En France, grand territoire ne veut pas dire croissance de l’emploi » pour Olivier Bouba-Olga, maître de conférences à l'Université de Poitiers, il faut savoir prendre de la distance avec la pensée dominante. Un discours selon lequel il existerait une corrélation entre la taille d’un territoire et sa compétitivité.

Les politiques publics se sont appuyées sur cette idée pour mettre en place des projets d’envergure. Plan campus (faire émerger des pôles d’excellence partout en France) ou encore la création des 71 pôles de compétitivités. Leur but ? Concentrer les forces dans un espace géographique délimité pour favoriser la croissance.

Pourtant, l’économiste rappelle que la réalité est plus complexe. Dans le domaine de la recherche notamment. Dans le monde au niveau universitaire, on assiste davantage à un effet de déconcentration. Les "régions-centre" qu’on pensait plus performantes tendent à perdre des parts de marché au profit des régions périphériques. Il ajoute même qu’il faut sortir d’une vision franco-française. Exemple : le poumon économique de la Lorraine se situe au Luxembourg. Près de 10% des Lorrains travaillent au Luxembourg. « Il faut savoir regarder avec d’autres lunettes » ajoute Olivier Bouba-Olga.

Des territoires complémentaires

La formule gagnante pour les territoires serait alors la spécialisation. Une théorie empruntée à Ricardo et sa théorie des avantages comparatifs. « un pays comme la France est riche de ses territoires diversifiés » souligne l’économiste. Pour lui, on ne peut pas parler de compétitivité entre les territoires mais plutôt de complémentarité « Chaque territoire a des ressources spécifiques. Il faut donc identifier les problèmes qui sont différents d’un territoire à l’autre. Avant d'agir, il faut identifier le contexte territorial ».

Une identification des points forts de chaque territoire. C’est que ce que préconise Olivier Bouba-Olga. Pas question d’uniformiser les modèles en France. Les pouvoirs publics ont cherché à implanter des modèles standardisés mais « cela marche mal car ils n’ont pas cherché à appliquer un modèle différencié » conclut le chercheur.


Anaïs Kerdraon - Etudiante IPJ - Paris Dauphine @AnasKerdraon

et Kozi Pastakia - Etudiant IPJ - Paris Dauphine @Kozi_P #JECO2014