Lorsqu'on pense objet connecté, vient en tête le bracelet mesurant l'activité physique, la montre reliée au smartphone ou encore la brosse à dents connectée. Mais aussi novateurs soient-ils, ce qui importe en matière d'Internet des objets, ce sont les données qu'ils récoltent. Au Palais de la Mutualité, David Encaoua, professeur à Paris1, vulgarise le propos: « Prenons l'exemple de la semelle connectée. Les informations qu'elle récolte sur la marche de son propriétaire ont plus d'intérêt pour ce dernier que le fait d'être bien chaussé ».

Nouveau business model

Ces nombreuses données glanées par l'Internet des objets - grâce au big data, modifient les métiers des producteurs en inventant un nouveau business model. « Le créateur de l'objet connecté ne vend pas son bien mais une solution pour l'utilisateur; un ensemble de services qui améliorent le quotidien », explique David Encaoua.

« Il n'y a plus de délimitation entre services et industrie », ajoute Olivier Passet, directeur des synthèses économiques à Xerfi, un institut d'études économiques. Dans ces services issus de l'industrie de l'objet connecté, l'acheteur change de position. Traditionnellement consommateur passif, il devient acteur, « sur-traitant » de son achat. Comment ? Simplement en utilisant son objet connecté et donc en produisant une donnée qui sera ensuite analysée par le producteur.

Bonne nouvelle pour le consommateur : l'obsolescence programmée si chère aux constructeurs de technologies s'atténue, comme le souligne Olivier Passet :« L'objet connecté se met à jour continuellement en fonction des usages de l'utilisateurs. Et ce n'est qu'un début. La révolution est essentiellement devant nous  »

Pour en savoir plus : L'Internet des objets vu par David Encaoua, professeur à l'université de Paris1. « The Internet of Things, ou Internet des objets est l'interconnexion des applications issues du monde virtuel avec le monde réel et ses objets physiques. Il apporte une nouvelle dimension à l'informatique traditionnel. Grâce à l'incorporation dans les objets de capteurs, de micro-processeurs, de caméras et de puissants algorithmes de traitement des données, ils communiquent entre eux et s'auto-organisent. »