« C'est tout de même surprenant ce manque de retour sur investissement !» s'exclame Marie-Claire Villeval, la directrice du Gate (Groupe d'analyses des théories économiques). L'économiste s'étonne que la société puisse investir dans les études d'une jeune femme pour, ensuite, ne pas la faire progresser dans la haute hiérarchie des entreprises. En moyenne, à tous les niveaux, les hommes ont en effet un salaire mensuel de 24,5% supérieur à celui des femmes. « Une situation figée troublante puisque en dehors de ça beaucoup de choses ont changé, les filles ont atteint un niveau d'éducation supérieur aux hommes et accèdent aussi avec la même difficulté à un emploi » , explique Dominique Meurs, professeure à l'Université Paris-Ouest Nanterre.

Une piste privilégiée : la déconstruction des stéréotypes

Le principal problème de la stagnation des disparités hommes-femmes réside dans la difficile identification des facteurs de discrimination. Sont-ils physiologiques ? Des études d'économie expérimentale montreraient la moindre préférence des femmes pour la compétition. Mais ces mêmes expériences menées dans la société matriarcale des Khasi en Inde montre que les femmes, au contraire, choisissent plus la compétition. En clair, la déconstruction des stéréotypes par la société apparaît comme la principale piste de réflexion pour lutter contre les discriminations. Pour les économistes, la loi de 2013 qui instaure le congé paternité représente un espoir pour l'égalité professionnelle afin de diminuer le temps d'interruption de carrières des femmes et d'augmenter la part des pères dans les tâches domestiques. Mais elles reconnaissent que cela ne sera pas forcément suffisant : « On est arrivé au plus difficile en matière d'égalité hommes-femmes car on touche aux normes sociales plus difficiles à faire évoluer. » conclut Dominique Meurs.

Juliette Bergé-Etudiant IPJ-@Julietteberge#JECO2014