Le 6 novembre dernier, sur TF1, François Hollande annonçait qu’il ne se présenterait pas en 2017 si la courbe du chômage ne s’est pas inversée. Aujourd’hui, le constat est simple : les Français jugent les hommes politiques sur leur capacité à améliorer la condition économique du pays. Fiscalité, emplois aidés : au cours de son allocution télévisée, la majorité des annonces du président de la République a d'ailleurs porté sur l'économie.

Dans ce domaine, la France ne peut plus se contenter de mesurettes. Tout le monde s'accorde sur la nécessité de mener des réformes structurelles. Le problème ? Par peur d’impopularité, les gouvernants ne font avancer que trop timidement les grands chantiers économiques. Certains même incriminent les institutions de la Ve République qui, selon eux, freineraient la mise en place de réformes. « Le scrutin majoritaire empêche tout compromis », explique Alain Trannoy, membre du Cercles des économistes et du Conseil d’analyse économique.

Le "fameux" modèle allemand

Le scrutin mixte allemand est régulièrement mis en avant. En atteignant 5% de votes lors des élections, chaque parti peut siéger au Parlement. Et la politique publique sort bénéficiaire de la constitution de coalitions. Pierre Boyer, assistant professeur à l’Université de Mannheim, prend l’exemple des réformes Hartz entre 2002 et 2005, des profondes modifications du marché du travail qui ont vu le jour sous Gerhard Schröder. Plus que les réformes en elles-mêmes, « c’est l’œuvre d’une politique consensuelle », analyse l’économiste. Un modèle difficilement transposable au vu des différences culturelles entre les deux pays. Se définissant sur un rapport de force permanent, la France paraît loin de tout compromis à l'allemande.

Nicolas FLON Etudiant IPJ - Paris-Dauphine #JECO2014