Baisse des investissements, perte de compétitivité, fermetures d’usines… la France va devoir agir afin de relancer son potentiel industriel. Pour Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, il faut que le pays retrouve l’intégralité de son écosystème industriel, c'est-à-dire son savoir faire manufacturier et la qualité de ses services.

Selon les experts, la structure de l’industrie française n’est pas si différente de celle de l’Allemagne, solide en matière de production industrielle, comme le souligne Elie Cohen : « Ce qui change c’est son intensité » explique t-il, « la France fabrique des produits moyens et bas de gamme, ce qui la rend particulièrement sensible aux variations de l’euro ». Si la France veut rivaliser il lui faut alors monter en gamme. « Le problème c’est qu’en fabricant du low cost les entreprises ne font pas de marges suffisantes pour investir » explique Elie Cohen. La solution est de relancer la compétitivité. Sur du court terme cela veut dire baisser les charges des entreprises, sur du long terme améliorer la recherche et le développement.

Privilégier le haut de gamme

L’autre enjeu pour la France est de se concentrer sur son offre de services de haute qualité. D’une part, sur les services très avancés, comme dans la recherche, d’autre part, sur les services aux entreprises, qui comprennent des activités fiscales ou de marketing. L’objectif est alors de se rediriger vers des services technologiques, qui s'appuient sur un savoir-faire industriel. « Aujourd’hui la question n’est pas de savoir si le service se distingue de l’industrie mais plutôt de savoir si la France est capable de concevoir des produits échangeables qui comprennent à la fois la manufacture et le service. Prenez l’exemple de l’aviation, quand on vend un avion on vend aussi la formation pour les pilotes et la maintenance ».

La France a des atouts

Cette offre de services est majeure pour la relance de l’activité industrielle : « Le pouvoir d’achat libéré se porte plus sur des services comme l’éducation, la santé ou les loisirs » explique Thierry Weil, enseignant-chercheur à l’Ecole des mines de Paris. Cela implique également pour la France de retrouver un savoir-faire qui, selon lui « est l’une des raisons de la perte de compétitivité ».

Pas de raison pour autant de s’inquiéter du déclin de l’industrie française, rassure Elie Cohen : « La France est un pays qui a relativement bien résisté à la crise et on ne le dit pas assez. C’est l’avantage de notre faible spécialisation industrielle, nous avons la capacité de proposer un large éventail de produits. » Un atout pour la France qui pourrait alors satisfaire des pays émergents en quête d’une nouvelle consommation.