Faire un état des lieux de l'enseignement de l'économie et suggérer des pistes d'amélioration. Voici les deux principales missions du rapport Hautcoeur. Au total, ce sont vingt propositions qui ont été mises sur la table. Le texte souhaite notamment renforcer le caractère pluridisciplinaire du premier cycle de licence. La spécialisation en économie se ferait de manière plus progressive jusqu'au doctorat. Une manière d'ouvrir les étudiants à d'autres disciplines, et à d'autres façons d'appréhender les sujets. La fondation Peps, une association d'étudiants pour un enseignement pluraliste dans le supérieur en économie, milite depuis 2010 pour ce qu'elle appelle le "triple pluralisme": pluralisme conceptuel, disciplinaire et théorique. "Nous souhaitons un enseignement organisé avec plusieurs grands blocs. Nous voulons des cours d'actualité économique et sociale et d'Histoire des faits pour mettre en perspective son apprentissage", expose Laurène Tran, licenciée d'économie et membre de Peps.

Un décalage avec la réalité

Autre piste : confronter les étudiants aux réalités contemporaines. Un des principaux reproches faits à l'enseignement économique français est cette déconnexion avec l'actualité. Les étudiants travaillent à partir de données statistiques dont ils ne comprennent pas toujours la signification."Il faut lier, les théories et l'actualité pour donner un sens à l'apprentissage", explique Yann Algan, professeur d'économie à Sciences-Po Paris, présent lors de la table ronde au Grand Lyon, ce vendredi.

Le wikipédia de l'économie

Cet économiste français participe également au projet international Core. "C'est un outil en ligne interactif et gratuit sur lequel étudiants et enseignants peuvent publier et interagir. C'est un peu comme Wikipédia", décrit Yann Algan. Ebook, vidéos et données sont en accès libre sur Core. De nouvelles méthodes pédagogiques comme la mise en place de projets collectifs ou une approche plus moderne de débats économiques sont présents sur la plateforme. "On est intelligent quand on est plusieurs à contribuer", conclut-il.


Kozi Pastakia - Etudiant IPJ - Paris Dauphine @Kozi_P #JECO2014