61% des personnes interrogées affirment s’intéresser à l’économie. Cela concerne toutes les tranches d'âge ?

On remarque surtout que plus on est âgé, plus on s’intéresse à l’économie. On avait déjà observé cette particularité l’an dernier où une différence se faisait sentir entre les moins de 50 ans et les plus de 50 ans. Ces derniers déclarent à 70% s’intéresser à l’économie. Et même 73% chez les plus de 65 ans. Globalement, on constate un intérêt croissant des français pour l’économie et c’est une bonne nouvelle.

75% des personnes interrogées estiment qu’en un an les prix ont augmenté. Près de 37% estiment même que l'inflation annuelle est comprise entre 1 et 3%. Qu’en est-il vraiment ?

2/3 des Français surestiment la hausse des prix. Le dernier chiffre de l’INSEE disponible fait état d’une augmentation des prix de 0.3%, bien loin d’une augmentation de 1% estimée par 60% des sondés. En réalité, nous sommes actuellement dans une situation d’inflation faible.

Pourquoi un tel écart de données entre ce que publie l’INSEE et ce que ressentent les Français ?

Il s’agit de faire la différence entre l’inflation réelle et l’inflation perçue. D’un côté, il y a l’inflation réelle, mesurée par l’INSEE. De l’autre, il y a l’inflation perçue par le consommateur qui est sensible à la hausse des prix de certains biens de consommations courante, comme le tabac ou l’essence. En revanche, le consommateur ne garde pas en mémoire les baisses de prix des biens durables, qu’il achète moins régulièrement, comme les produits informatiques dont les prix diminuent. Cet écart n’est pas propre à la France

42% des personnes interrogées estiment qu’il faut augmenter les petits salaires et baisser les impôts des ménages afin de relancer la croissance, que reflète une telle opinion ?

C’est une réponse assez autocentrée. Ce qui frappe dans ce sondage c’est que les Français répondent en fonction de leur situation individuelle. C’est d’ailleurs pour cela que l’amélioration de la compétitivité n’arrive qu’en 3ème position, car elle concerne moins de personnes. On note également que le renforcement de l’intégration européenne n’arrive que loin derrière, cela reflète une certaine défiance vis-à-vis de l’Europe qui n’est plus perçue comme un moteur de la croissance. Pourtant,sans l’euro, sans l’Europe la situation serait bien pire.

Propos recueillis par Mélissa Verdier - Etudiante IPJ - Paris Dauphine @MelissVerdier #JECO2014

Sondage Banque de France - TNS Sofres, réalisé en octobre 2014