Les pouvoirs publics ont bien tenté de s’emparer du problème à grand renfort de Livres blancs et de Grenelles de l’environnement, mais sans succès. Depuis le début des années 2000, le transport ferroviaire a même reculé de près de 40% en France au profit des routes.

Comment expliquer cette tendance ? Un chiffre, tout d'abord, pour expliquer les besoins considérables, en matière de fret. Chaque jour en France, la consommation d’une seule personne nécessite l’acheminement de près de 100 kilos de marchandises !

Et danc ce marché gigantesque, la route, d'un point de vue logistique et économique, est imbattable car la plupart des biens sont transportés sur des distances courtes. Une centaine de kilomètres en moyenne. Pour des longs trajets, la part du transport sur rails augmente significativement (40%).

Des circuits de plus en plus courts, des flux de plus en plus tendus

Et Internet accentue le phénomène : avec le e-commerce, les demandes s’individualisent et le nombre de livraisons au coeur des villes explose. Fini les grosses palettes de marchandises et les stocks, les entreprises réagissent en flux tendus : "Il y a une demande croissante des chargeurs qu’aucun transport ferroviaire ne peut satisfaire, il s’agit des petits colis à livrer en temps extrêmement réduit » explique Yves Crozet, professeur de sciences économiques à l’IEP de Lyon.

Des projets à la marge

Des initiatives voient le jour, en France et à l'étranger, mais elles restent anecdotiques, comme le tram fret expérimenté en Allemagne. Quant aux projets d’autoroutes ferroviaires (placer des camions sur les trains) lancés lors du Grenelle de l’environnement, ils ne sont qu’une réponse incomplète au problème : « C’est une solution de niche qui va permettre de transporter quelques centaines de camions par jour alors qu’il y en a plusieurs dizaines de milliers qui circulent. C’est un programme largement politique » conclut Yves Crozet.

Anaïs Kerdraon crédit photo : fr.dreamstime.com