« Globalement, nous n’avons aucun problème de ressources, elles sont inépuisables, annonce Pierre-Noël Giraud, professeur d’économie à Mines Paris Tech et à Paris Dauphine. Les seules qui sont vraiment épuisables, ce sont les ressources renouvelables, elles sont vraiment fragiles. »

Au lendemain de la publication de l’étude prospective annuelle de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), la question du manque -ou pas- de ressources énergétiques a cristallisé le débat, salle Rameau. Didier Houssin, directeur des politiques et des technologies de l'énergie durable de l'AIE, ne croit pas à une future pénurie d'énergies fossiles et de pétrole : "La production augmente, notamment via le développement des pétroles non conventionnels (pétrole de schiste, pétrole lourd, sables bitumineux)."

"Encourager la consommation en énergies renouvelables"

Un avis tempéré par Jean-Marc Jancovici, président de The Shift Project et associé de Carbone 4. Selon lui, "si l'on raisonne en termes de préservation du climat, alors nous avons trop d'énergies fossiles, mais si on raisonne en termes de croissance, nous n'en avons pas assez".

Alors faut-il continuer à tout miser sur le pétrole, sans se soucier de l'environnement ? Pour Pierre-Noël Giraud et Didier Houssin, la réponse est non. Ils conseillent de "diminuer voire retirer les subventions accordées aux énergies fossiles afin d'encourager la consommation en énergies renouvelables." Jean-Marc Jancovici, lui, est plus prudent jugeant que "la croissance verte n'est pas pour demain".

Les trois intervenants se sont toutefois accordés sur un point crucial d'actualité. L’accord passé mercredi entre Pékin et Washington pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (ces deux pays représentent 42% du total mondial des émissions de CO2) est un pas encourageant.

Elia Dahan - Etudiante IPJ -Paris Dauphine @dahounde #JECO2014