650 millions d’euros par an pour répondre aux besoins du vieillissement de la population en France. Avec la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA), créée en 2013, le gouvernement a souhaité débloquer de nouveaux moyens pour financer sa politique de la dépendance. Une somme jugée trop faible par Alain Villemeur, docteur en sciences économiques de l’Université Paris-Dauphine. « Ce n’est pas suffisant mais créer une nouvelle taxe est assez courageux par les temps qui courent », reconnaît l’économiste. La France consacre 1,8% de son PIB à l'autonomie des personnes âgées. Un chiffre dans la moyenne des pays de l’OCDE (1,7%).

Si les moyens dégagés par le gouvernement restent insuffisants, d’autres sources de financements sont possibles pour les intervenants de la table ronde. Le recul du départ à la retraite - sujet toujours tabou en France - est l’une des pistes évoquées. « Il existe un lien entre le système des retraites et la dépendance. Si l’on travaille plus longtemps, jusqu’à 65 ans comme en Suède, cela permettrait de dégager des ressources supplémentaires pour financer la dépendance qui arrive vers 75 ans », explique Allain Villemeur.

Améliorer les revenus des seniors

Autre piste : augmenter les ressources des personnes âgées. La Caisse des dépôts teste ainsi, depuis le mois de septembre, un fonds d’acquisition de viager, doté de 120 millions d’euros. « C’est une façon de monétiser le patrimoine immobilier des seniors », précise Clément Lecuivre, directeur du département de la stratégie à la Caisse des dépôts. « 75% des plus de 75 ans ont une résidence. Le viager est donc un bon moyen d'améliorer ses revenus pour faire face à la dépendance », renchérit Alain Villemeur.

Au delà du problème de financement de la politique de la dépendance, le marché potentiel que représente le vieillissement de la population fait consensus au sein du groupe. « L’allongement de la durée de la vie n’est pas qu’un problème mais une chance et une opportunité sur le plan économique », assure Clément Lecuivre. Selon les estimations de la DARES, la silver économie entraînera 300 000 créations d’emplois nettes, d’ici à 2020.

Laëtitia Bezain - Etudiante IPJ - Paris Dauphine

@laetitiabzn