« La France a un problème de compétitivité. On vend trop cher par rapport à la qualité de nos produits. » Ce constat énoncé par Gilbert Cette, professeur d’économie associé à la Faculté d’Aix-Marseille II, était partagé par tous les participants au débat. Un problème de compétitivité auquel s'ajoute la forte progression d'un chômage, à la fois structurel et conjoncturel. Avec l’euro, la dévaluation monétaire, très usuelle dans les années 80, n’est plus à l’ordre du jour. Deux leviers restent à expérimenter en France : la dévaluation fiscale et la dévaluation salariale. La baisse des salaires s’élimine pratiquement d’elle-même mais cette solution, mise en place en Grèce après la crise, est « politiquement douloureuse et pratiquement invendable », argue Gilbert Cette.

__Le cap incertain de la fiscalité en France__

 Reste alors la dévaluation fiscale. Peut-on, comme le réclame le patronat, baisser les impôts et les charges des entreprises ? « La dévaluation fiscale n’est efficace que si elle est accompagnée de réformes structurelles ambitieuses. Ce n'est pas le cas en France aujourd’hui », remarque Gilbert Cette. Une critique non dissimulée envers la politique du gouvernement. Le gouvernement justement, n’est pas clair dans sa politique fiscale. En témoignent les récentes contradictions entre le président de la République qui a promis la semaine dernière, sur TF1, qu’il n’y aurait pas d’augmentation d’impôts. Sitôt dit, sitôt contredit par Christian Eckert, secrétaire d’Etat au Budget sur RTL qui a estimé que "rien n'était gravé dans le marbre". En France, la visibilité et la stabilité fiscale restent encore, pour nos dirigeants, des concepts assez flous...

Lucie Bras - Etudiante IPJ - Paris Dauphine

@lwonderbras

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