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Les précédentes révolutions industrielles l’ont montré : oui, l’innovation peut tuer des emplois. Mais l’innovation est-elle incompatible avec la croissance et l’emploi alors ? Non car, comme l’explique Michèle Debonneuil, inspecteur général des Finances, on ne supprime pas l’homme, on superpose son savoir-faire à la technologie. Elle ajoute : « Dans une première phase, l’industrie numérique va supprimer des emplois avant d’apporter un nouveau mode de vie au consommateur, ce qui va créer de nouveaux métiers ». Un propos à nuancer car, comme il n’existe pas une seule révolution, il n’existe pas qu’une sorte de technologie.

David Encaoua, professeur émérite à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, en distingue trois catégories : « Les innovations de remplacement sont les plus fréquentes et ont pour but d’améliorer les performances des biens ou introduisent de nouvelles fonctionnalités. » Celles-ci créent peu voire pas d’emploi car ils ne requièrent pas de qualification, les entreprises privilégient donc les pays en développement en raison du faible coût de la main d’œuvre. Mêmes conséquences pour les innovations de rationalisation car celles-ci consistent à remplacer les hommes par des machines.

Quant à la dernière catégorie, les innovations d’automatisation, elle concerne les nouvelles technologies qui offrent un nouveau mode de vie. Parmi les plus emblématiques, le moteur électrique ou le passage de l’ordinateur collectif à l’ordinateur personnel. Ainsi, même si ce type d’innovation provoquera la suppression d’emplois, il finira par en créer de nouveaux. Michèle Debonneuil explicite sa pensée : « Avant, l’industrie était concentrée sur la création de biens neufs. Les technologiques permettent désormais de créer de la valeur ajoutée en aval de la fabrication du bien, notamment son entretien et sa réparation. »

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