« C’est simple », explique Cyril Kretzschmar, conseiller régional délégué à l’économie sociale et solidaire à la région Rhône Alpes. « Avec un circuit court, on supprime les intermédiaires, on diminue la distance. Ainsi, on parcourt beaucoup moins de kilomètres, on consomme moins d’énergie et on participe à la transition énergétique. L’idée est de changer ainsi durablement la manière de consommer des citoyens. »

Un avantage écologique évident, mais aussi une avancée sociale. S’il applaudit aux initiatives dans le secteur de l’alimentation, l’élu souhaite voir cette proximité s’étendre : « L’existence des circuits courts se voit à travers l’évolution des pratiques alimentaires des Français, qui sont de plus en plus nombreux à faire partie d’une Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne). Ils se généralisent à d’autres domaines, comme le crowdfunding. Pourquoi aller voir une banque lorsque les consommateurs peuvent directement financer un projet ? »

Car en plus de rapprocher consommation et production, le circuit court permet de créer du lien social et de mettre en avant l’agriculture. C’est en tout cas l’analyse de Claire Delfosse, chercheure au Laboratoire d’Etudes Rurales (Lyon II). « On crée une relation entre celui qui achète et celui qui produit, cela permet de valoriser le métier d’agriculteur, de le mettre en avant », relève-t-elle. Face à elle, le public acquiesce. Visiblement convaincu.

Marge de manœuvre

Néanmoins, les intervenants tiennent à le souligner, il semble bien peu probable que les circuits courts menacent un tant soit peu la filière classique de la grande distribution. Une évidence pour Cyril Kretzschmar, adjoint à la mairie de Francheville, dans le Rhône : « Je le vois dans ma commune, environ 96% des 12.000 habitants se fournissent dans la grande surface - que je ne citerai pas ! - tandis que 3 à 4% font leurs courses au marché forain. Les autres, soit moins de 1%, passent par les circuits courts. La grande distribution n’a donc pas trop à s’inquiéter de ces nouvelles pratiques. »

Et pourtant, l’élu continue d’y croire. « La marge de manœuvre est très importante », estime-t-il, « Mais à mes yeux, c’est le local qui structure l’essentiel de nos vies économiques. Le développement local est donc essentiel. »