Les intervenants de la table ronde "Comment mieux utiliser l'argent public ?", qui s'est déroulée vendredi 15 novembre dans le cadre des Jéco 2013, ont mis en avant l'objectif d'indépendance et de transparence dans la réussite d'une gestion efficace des dépenses publiques.

La Cour des comptes, autorité administrative indépendante, est en charge de la régularité des comptes publics, de l’État, des entreprises sociales ou encore des établissements publics nationaux. Depuis 2008, elle assiste le Parlement dans le contrôle de l'utilisation de l'argent public par le gouvernement. Preuve de son indépendance ? Stéphanie Oltra-Oro, magistrate à la Cour des comptes, rappelle que l'autorité financière "publie même quand cela peut déplaire", avant d'ajouter : "Nous gardons nos méthodes de travail".

Pour savoir si l'argent public est utilisé à bon escient, des outils d'évaluation existent. En 2001, la réforme de la Loi organique relative aux lois de finance (la "Lolf") a été prise à l'initiative de Didier Migaud, actuel Premier président de la Cour des comptes, et Alain Lambert, ancien ministre et sénateur de l'Orne. Cette réforme a conduit à une meilleure visibilité des dépenses publiques. Notamment dans le domaine de l'enseignement supérieur et du travail.

Mais Alain Trannoy, membre du Cercle des économistes et du Conseil d'analyse économique, tient à proposer l'association de l'administration "à une équipe scientifique"; une démarche que soutient Marylise Lebranchu. La ministère de la réforme de l’État, de la décentralisation et de la fonction publique insiste bien sur la nécessité de bénéficier de l'expertise de scientifiques indépendants.

Opacité du jargon administratif

Une meilleure utilisation de l'argent public rime également avec transparence. "Chaque citoyen peut s'approprier le débat public", souligne Marylise Lebranchu, qui regrette que les Français découvrent souvent trop tardivement qu'ils peuvent y avoir accès et émettre des critiques. Pour elle, l'un des problèmes majeurs : l'opacité du jargon administratif, qui fait souvent barrage. "Aujourd'hui, déplore-t-elle, on ne sait pas expliquer nos méthodes d'évaluation", alors que celles-ci doivent passer par "un langage accessible".

Retrouvez ici le dernier rapport de la Cour des comptes.

Pauline Givord, cheffe de la division Méthodes appliquées de l'économétrie et de l'évaluation à l'Insee, intervenait lors de cette table ronde.

Vidéo : Margot Montpezat et Pauline Sanzey