PéageLondres

Après les bonnets rouges bretons, les bonnets verts, eux, ont fait du coût des transports publics leur combat. Début novembre, ils ont décidé de protester contre la hausse de la TVA des transports en commun. Elle devrait en effet passer de 7 à 10% en janvier prochain, ce qui aura pour conséquence la hausse des prix des billets de TGV, métro et RER, bus, tramway dans toute la France. Faire payer le consommateur ne semble donc pas être la solution optimale.

Si l’on regarde les recettes qui marchent à l’étranger, un constat s’impose : il faut faire payer l’usager autrement. A Tokyo, où se trouve le plus grand réseau de métro du monde, point d’abonnement : le tarif dépend de la distance du trajet. A Londres, la carte Oyster permet de calculer le meilleur prix pour l’usager grâce à un système de paliers dégressifs (plus l’usager utilisera sa carte, moins cher sera son trajet).

Mais pour permettre d’engendrer des bénéfices plus importants, il faut penser plus loin que l’usager selon Stéphanie Souche, maître de conférences à l’université Lyon II. Ainsi, faire payer l’automobiliste serait une des solutions possibles, à travers le péage urbain. Plusieurs villes européennes ont adopté cette solution qui s’est révélée fructueuse.

Destiné à limiter la pollution et la congestion automobile, le péage urbain rend payant l’accès à un périmètre délimité de l’agglomération. Une partie des bénéfices sert à financer les transports publics. Exemple emblématique : Londres qui s’est doté d’un péage urbain autour de Westminster et la City en 2003 et qui a été élargi aux quartiers de Knightsbridge, Kensington et Chelsea en 2007. Cette taxe a permis de rapporter 1,4 milliard d’euros à la ville en 10 ans. Les trois plus grandes villes de Norvège, Oslo, Bergen et Trondheim, ainsi que Milan en Italie utilisent également ce système. A Paris, surtout en période pré-électorale, ce dossier fait partie du carton déjà bien rempli "Urgent d'attendre"...