La France dispose d’un budget important alloué à la santé (12% du PIB, derrière les Etats-Unis qui culminent à 17%) mais le constat est sans appel : les inégalités ne semblent pas se réduire depuis 40 ans. Par exemple, sur la période 2000-2008, à 35 ans, un cadre supérieur a une espérance de vie de 47,2 ans contre 40,9 ans pour un ouvrier, soit une différence de 6,3 ans. Chez les femmes, la différence est réduite à 4 ans : 51,7 ans pour une femme cadre contre 48,7 ans pour une ouvrière*.

Les conditions matérielles de vie sont l’une des causes de ces inégalités. Un ouvrier a plus de risques de travailler dans des conditions moins bonnes qu’un cadre ou d’habiter dans un environnement moins sain (délinquance, pollution). Les comportements à risque sont également liés au clivage ouvriers / cadres face à la santé. Les personnes les plus pauvres ont tendance à tomber plus facilement dans le tabagisme et l’alcoolisme et ce sont ces mêmes personnes qui auront le moins de chances d’en sortir. Enfin, l’accès aux soins et aux complémentaires santé est un paramètre à prendre en compte. On estime que la complémentaire n’est financièrement pas accessible pour 18,5% de la population française (chiffres Insee novembre 2012). En souscrire une peut représenter jusqu’à 10% de leurs revenus.

Dès le 1er janvier 2016, les entreprises seront tenues de fournir à leurs employés une couverture santé pour ceux qui n’en bénéficient pas déjà. Il s’agirait d’une offre minimale qui couvrirait notamment le ticket modérateur (la part qui reste à la charge du patient après le remboursement de l’assurance maladie), les soins d’optique et dentaire. Un pas en avant qui permettrait de réduire les inégalités entre les Français en termes de protection sociale.

*Chiffres Insee novembre 2011

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