La carte et le territoire. Il y a deux ans Michel Houellebecq remportait le prix Goncourt avec un roman sur la France. Sous sa plume deux France se dessinaient. D’un côté, celle les métropoles, dynamiques et productrices de richesses et de l’autre, celle des zones rurales touchées de plein fouet par la désindustrialisation et la montée en flèche du chômage. « L’écart n’a cessé de se creuser ces dix dernières années », explique Laurent Davezies, professeur à la CNAM et auteur du livre ''La crise qui vient''. Et d’ajouter : «42% du PIB français est réalisé par 6 villes françaises !» Dans cette nouvelle reconfiguration spatiale, les gagnants ont obtenu le droit d’être répertoriés sur la carte du village global, induit par la mondialisation. C’est le cas de la ville de Lyon, première cité en France à s’être organisée en métropole. Son maire, Gérard Collomb, a été le grand artisan de la mutation de la ville. «Pour gagner en efficacité, nous avons décidé de simplifier les structures en nous constituant en collectivité d’intérêts particuliers. Cela nous a permis de réaliser des économies d’échelle et d’offrir un meilleur service aux citoyens », explique ce social-démocrate par ailleurs sénateur. Et de poursuivre : «de toute façon, aujourd’hui, si on reste comme on est dans sa commune, on est mort. »

Attractivité des territoires

En ligne de mire : encore et toujours la compétitivité économique et l’attractivité des territoires. «La croissance est réalisée non plus par les Etats mais par les territoires. Il faut donc créer un environnement favorable à la prospérité», ajoute Gérard Collomb. Mais dans cette lutte, la bataille est dure à mener face à des villes comme Londres ou encore San Francisco. «La Silicon Valley est l’exemple le plus abouti d’un territoire dynamique. Depuis trente ans, il est l’épicentre des innovations technologiques. L’adéquation entre le milieu universitaire et les entreprises est d’une efficacité redoutable », détaille Jean-Claude Prager, directeur des études économiques de la Société du Grand Paris.

Des progrès à faire

« Il reste aux grandes villes françaises beaucoup de progrès à réaliser pour concurrencer les villes américaines ou asiatiques. Par exemple, la question du logement est prioritaire. A Paris, les loyers sont beaucoup trop chers. Du coup, les jeunes talents préfèrent s’installer ailleurs ! », regrette Jean-Yves Durance, président de l’association des Utilisateurs de la Défense et vice-président de la CCI Paris - Ile-de-France.
 ''Photo : DR lyon-france.com''

Gérard Collomb, Sénateur-maire de Lyon, valorise le dynamisme du secteur technologique de la ville :