"La conférence dure deux heures ? Ce sont les jeunes qui vont s'ennuyer !", s'alarme ce vendredi un spectateur de la conférence "Économie française : entre rebond et déclin ?". Celui qui se voulait prophète s'est mis le doigt dans l’œil. Pourtant, le récent sondage TNS Sofres présenté lors de la séance d'ouverture des Jéco 2013 aurait pu cautionner ses dires. Selon ce sondage, plus ils sont âgés, plus les Français affectionnent l'économie. Alors, info ou intox ?

Nichées sur le balcon de la salle Rameau, des grappes d'élèves ont pris place. A première vue, ces jeunes n'ont pas l'air très attentif. En voilà plusieurs qui tripotent leur smartphone, d'autres sont complètement avachis dans leur fauteuil. La salle, plongée dans l'obscurité, est propice à un assoupissement. Eh non, personne ne somnole et peu nombreuses sont les pipelettes !

Inès Drai, la jeune fille qui envoyait des sms, n'est pas hermétique au débat animé par Dominique Rousset, de France Culture. Au contraire, elle écrit à son oncle, passionné d'économie, qui aimerait connaître l'objet du débat. Pour cette brunette de 17 ans, lycéenne de première ES à Dijon, cette conférence est "intéressante". "Quand les intervenants ont parlé du PIB, j'étais contente de savoir de quoi ils parlaient", s'enthousiasme la jeune fille. "Mais je suis un peu frustrée de ne pas tout comprendre. L'année scolaire vient juste de débuter, nous n'avons pas encore étudié tout ce qui concerne la rigueur et l'austérité", affirme-t-elle. 

Les Jéco, des clés de compréhension

Même si elle non plus n'intègre pas tous les enjeux du débat, Christelle Pichot, estime que la discussion lui apporte des clés de compréhension au sujet de la situation économique actuelle. La jeune fille de 18 ans, en classe prépa ENS à Marseille, espère pouvoir briller à l'oral du prestigieux concours en se cultivant par le biais de conférences de cette nature.

Les oiseaux de mauvais augures diront peut-être que les filles sont plus sérieuses que les garçons. Et donc, qu'elles seraient les seules à pouvoir affronter l'aridité de cette discussion. C'était sans compter sur Oumar, jeune Montilien (Montélimar !) en BTS transport et logistique. En plus d'être souriant, le jeune homme est très studieux. "L'économie me plait depuis que j'ai eu l'opportunité, en Seconde, d'assister à des conférences qui parlaient d'économie", lance-t-il, le regard toujours tourné vers les intervenants. Mais il le reconnaît : "Faut s'accrocher !"