« La tendance générale, c’est de faciliter la transition des études au marché du travail » dans le pays d’accueil, insiste Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales de l’OCDE. Les étudiants sont devenus « une source cruciale » de la main d’œuvre étrangère, même si « les études supérieures sont moins internationalisées que le marché du travail. »

Si de plus en plus d’étudiants partent à l’étranger, « ils ont aussi en tête d’y rester », a expliqué Lionel Ragot, professeur d’économie à l’université Paris Ouest Nanterre la Défense. Pour preuve, les salaires dans les pays d’accueil sont une des principales variables déterminant le choix de l’étudiant lorsqu’il choisit sa destination selon une étude du spécialiste.

Par exemple, sur 55.000 étudiants arrivés en France en 2002, les 2/3 sont restés plus d’un an, et 13.000 d’entre eux sont encore sur le territoire en 2010, soit 8 ans plus tard selon une étude menée par l’OCDE.

Et pourtant, ces dernières années, la France et le Royaume-Uni ont mené des politiques "dissonantes" en matière d'accueil des étudiants étrangers. Objectif : dans un contexte de chômage massif, réduire l'entrée de nouveaux candidats au travail.

Les exceptions britanniques et françaises

Ainsi au Royaume-Uni, les visas de travail de fin d’études n’existent plus, et cette décision a influencé les chiffres de la migration étudiante selon Sally Goodman, directrice du programme Education et Société au British Council. Depuis, le nombre de jeunes indiens venant étudier au Royaume-Uni a « significativement diminué ».

Quant à la France, elle compte 289.274 étudiants étrangers en 2012 selon Didier Rayon, dirigeant du département études et recherches de Campus France, ce qui représente 12% des étudiants qui suivent des cours dans l’Hexagone. La France est le troisième pays d’accueil derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et Didier Rayon affirme qu’une fois que sonne l’heure de rentrer chez soi, ils sont 70% à vouloir rester. Pourtant, le spécialiste le confesse, la circulaire Guéant du 31 mai 2012, qui visait à diminuer le nombre d’étudiants étrangers non ressortissants de l’Union Européenne et qui souhaitent prolonger leur expérience professionnelle en France, a fait « fléchir l’attractivité de la France ». Bien qu’abrogée un an plus tard, Didier Rayon en est persuadé : « elle a laissé des traces. »